Un artiste de Menton vend ses œuvres à 10 euros pour leur assurer une seconde vie avant sa disparition
Jean-Paul Fretey, un artiste mentonnais de 78 ans, mène une course contre la montre pour transmettre le travail de toute une vie. Atteint d'une maladie grave, il a pris la décision de vendre ses centaines d'œuvres à un prix symbolique de 10 euros, afin d'éviter qu'elles ne finissent à la poubelle après sa disparition.
Quarante ans de transformation d'objets du quotidien
Depuis plus de quarante ans, Jean-Paul Fretey transforme des objets du quotidien destinés à être jetés en petites œuvres d'art. Structure de lustre, vieux cadre, petit électroménager usagé : tout peut devenir création entre ses mains. Les objets utilisés dans ses œuvres sont systématiquement ramassés dans la rue, une pratique qui définit sa démarche artistique singulière.
« Je pars toujours d'un objet, confie l'artiste. C'est lui qui suggère ce qu'il doit devenir. » Cette philosophie lui a valu une reconnaissance locale, notamment avec sa participation à la Biennale d'art contemporain sacré de Menton en 2021, organisée par Liana Marabini.
Une vie marquée par les voyages et la liberté
Avant de se fixer à Menton, Jean-Paul Fretey a mené une vie riche en voyages et en expériences. Il a travaillé dans de grandes entreprises, puis a tout laissé pour voyager en Angleterre, au Canada, en Crète et en Espagne, séjournant dans chaque pays suffisamment longtemps pour en comprendre l'esprit. Un événement familial l'a ramené à Menton en 1995, où il est resté depuis près de trente ans.
La maladie et l'urgence de transmettre
Depuis quelques mois, l'artiste ne parcourt plus les rues de Menton à la recherche de matériaux. Atteint d'une grave maladie, il sait que le temps lui est compté. Dans son appartement-atelier de la route de Sospel, environ 200 œuvres sont encore exposées, tandis qu'une centaine d'autres sont présentées au Bridge Club de Menton.
« J'ai 78 ans, je suis prêt à la mort. Je sais que ça ne va pas durer longtemps. La seule chose qui m'embête, c'est ça : je ne veux pas que mes œuvres finissent à la poubelle. »
Une démarche multiple pour sauver ses créations
Conscient qu'il ne pourra probablement pas tout vendre, Jean-Paul Fretey envisage également des dons à des associations. Il a contacté la mairie et le CCAS, et espère que la nouvelle maire pourra l'aider à finaliser les dossiers nécessaires à temps. Ces derniers jours, les visites dans son atelier se multiplient, avec des personnes qui viennent regarder et acheter ses œuvres à 10 euros.
La vie de Jean-Paul Fretey est faite de liberté, de voyages et de création. Ses œuvres, nées d'objets abandonnés, témoignent d'un regard singulier sur le monde. Une mémoire fragile, aujourd'hui suspendue à ceux qui accepteront de la faire vivre.
Informations pratiques
Les personnes intéressées peuvent visiter l'atelier au 81, route de Sospel à Menton. Il est conseillé de téléphoner au préalable pour prendre rendez-vous. Une partie des œuvres est également exposée au Bridge Club de Menton, au Salon du Louvre, 12 avenue Boyer, ouvert le lundi, mercredi, vendredi et samedi, de 14h à 18h.



