Yves Ubelmann : les technologies 3D pour sauver le patrimoine mondial
Yves Ubelmann : la 3D au service du patrimoine

Yves Ubelmann, un architecte au service de la mémoire du monde

Yves Ubelmann, architecte de formation et fondateur de la société Iconem, s'est donné pour mission de lutter contre l'effacement du patrimoine culturel. Grâce aux nouvelles technologies de l'image, notamment la photogrammétrie et la modélisation 3D, lui et son équipe numérisent des sites menacés par le temps, les conflits ou les catastrophes naturelles.

Une technologie au service de la préservation

Iconem utilise des drones et des appareils photo haute résolution pour capturer des milliers d'images de monuments, de sites archéologiques ou de villes historiques. Ces images sont ensuite assemblées par des logiciels spécialisés pour créer des modèles 3D précis. Ces répliques numériques permettent non seulement de documenter l'état actuel des lieux, mais aussi de les rendre accessibles au public via des expositions virtuelles ou des applications de réalité augmentée.

Parmi les projets marquants d'Iconem figure la numérisation du site de Palmyre en Syrie, gravement endommagé par l'État islamique. En 2016, l'équipe a réalisé des relevés précis du site avant que les destructions ne s'aggravent. Ces données ont ensuite servi à la reconstruction virtuelle du temple de Bêl, exposée au Musée de l'Institut du Monde Arabe à Paris.

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Un enjeu de mémoire et de transmission

Pour Yves Ubelmann, la numérisation 3D n'est pas un simple outil technique, mais un moyen de transmettre la mémoire aux générations futures. Dans un entretien, il explique : "Les nouvelles technologies de l'image permettent de lutter contre l'effacement du patrimoine. Elles offrent une trace indélébile de ce qui a été, et peuvent servir de base à d'éventuelles reconstructions."

Iconem travaille également avec des institutions comme l'UNESCO ou le Louvre pour documenter des sites classés au patrimoine mondial. En 2025, la société a lancé un projet de numérisation de la vieille ville de Jérusalem, un lieu aux enjeux politiques et religieux complexes. L'objectif est de créer une archive numérique exhaustive, accessible aux chercheurs et au grand public.

Un modèle économique innovant

Pour financer ses activités, Iconem combine subventions publiques, mécénat d'entreprise et ventes de services. La société propose également des formations à la numérisation 3D pour les professionnels du patrimoine. "Notre ambition est de démocratiser ces technologies, pour que chaque site menacé puisse être documenté", souligne Yves Ubelmann.

En France, Iconem a numérisé la grotte Chauvet, les arènes de Nîmes ou encore le Mont-Saint-Michel. Ces modèles 3D sont utilisés pour la recherche, la conservation et la médiation culturelle. Ils permettent par exemple de simuler l'impact du réchauffement climatique sur les sites côtiers, ou de planifier des restaurations.

Un avenir prometteur

Alors que les menaces sur le patrimoine mondial s'intensifient (conflits, urbanisation, changements climatiques), le travail d'Iconem apparaît plus crucial que jamais. Yves Ubelmann espère que d'ici 2030, la majorité des sites classés à l'UNESCO auront été numérisés en 3D. "C'est un défi immense, mais nous avons les outils et la volonté pour y parvenir", conclut-il.

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