Aux portes de Bâle, deux cobras entrelacés déploient désormais leurs anneaux de fer dans le musée à ciel ouvert de l’éditeur de meubles suisse Vitra. S’inspirant de la spiritualité indienne, le sanctuaire posthume du « starchitecte » Balkrishna Doshi (1927-2023) invite à une déambulation onirique mariant son et sérénité.
Une architecture à faible empreinte carbone
L’édifice, dont la patine terreuse semble jaillir du sol, complète une collection de chefs-d’œuvre signés de lauréats du prix Pritzker tels que Tadao Ando, Frank Gehry, Zaha Hadid ou Herzog & de Meuron. Sous les pas, le crissement du gravier de briques pilées répond à la vibration des parois dans une immersion sensorielle totale.
Un parcours inspiré des rituels du temple de Modhera
Inspiré par les rituels du temple de Modhera, le parcours s’enfonce sous le niveau de la terre pour mieux s’isoler du tumulte et inviter au recueillement. Là, l’œuvre du maître indien se mue en instrument : gongs et flûtes dissimulés dans les entrailles de la structure libèrent un flux sonore qui résonne jusque dans la chair.
Un chemin semi enterré serpente jusqu'à la salle méditative. Le périple culmine dans une salle circulaire, parenthèse de calme absolu où un bassin d’eau de pluie et un mandala en laiton martelé capturent la lumière changeante du ciel. Entre les courbes de ce géant de métal, la matière s’efface enfin pour laisser place au rythme du souffle et à la pure contemplation.
Le gong en laiton martelé s'inscrit dans un décor flamboyant.



