Un chantier unique pour la région
Du 9 mars au 7 mai 2026, des fouilles archéologiques préventives sont menées sur le site du futur musée Despiau-Wlérick à Mont-de-Marsan. Ces recherches, prescrites par le préfet de région, visent à inventorier les vestiges avant la construction du nouveau bâtiment, prévue pour 2029.
La rue Gaston-Phoebus est en pleine transformation. Un vaste trou a remplacé plusieurs bâtiments démolis pour l'extension du musée. En attendant le début des travaux, dont la date n'est pas encore fixée, les archéologues du bureau d'études Éveha travaillent sur une surface de 1 000 mètres carrés, creusée jusqu'à 5 mètres de profondeur.
Des vestiges médiévaux et de l'âge du Bronze
Plusieurs découvertes ont été faites : des pans de murs datant du Moyen Âge et un talus de l'âge du Bronze final (entre -1150 et -800 avant notre ère). Ces éléments sont nettoyés, photographiés et fouillés avec soin. Nora Haunieu, responsable des opérations chez Éveha et spécialiste de l'âge du Bronze final, explique : « L'objectif est de documenter au mieux l'histoire du lieu avant qu'il ne soit recouvert par le futur musée. »
Le talus, un amas de terre, de sable et de matière organique de 13 mètres de large, est l'élément majeur de ces fouilles. Il longe un rempart bordant le musée. Nora Haunieu précise : « C'est le seul talus de la région fouillé. Son époque est très mal documentée car il n'y a aucune trace écrite de l'âge du Bronze final. C'est un chantier unique pour le secteur. »
Une méthode de fouille minutieuse
Autour du talus, une « pyramide inversée » a été creusée par paliers. Des prélèvements au carbone 14 sont réalisés quotidiennement à différents endroits de la structure. Des dizaines d'étiquettes sont apposées sur les couches pour être ensuite classées et étudiées. L'équipe de sept archéologues dispose de deux ans après la fin des fouilles pour rendre un rapport et interpréter les résultats.
Quelques hypothèses sont déjà émises. Nora Haunieu suggère : « C'était probablement une époque d'insécurité, d'où la nécessité de se protéger avec ce talus. »
Des objets du quotidien découverts
De l'autre côté du site, les archéologues fouillent autour des murs médiévaux, qui portent des traces de reprises et de réutilisation. Julien Quantin, membre de l'équipe, déclare : « Avec les éléments récoltés, on espère pouvoir identifier la nature du bâtiment. » Des objets du quotidien ont été trouvés, comme des fragments de vases et des ossements d'animaux.
À partir du 7 mai, tous ces éléments seront envoyés au laboratoire pour des analyses approfondies. Le site sera ensuite rebouché pour accueillir le chantier de rénovation du musée Despiau-Wlérick, dont le coût est estimé à plus de 16 millions d'euros. Les contours du projet sont entre les mains de la nouvelle municipalité.



