Jeudi 21 mai, à 18 heures, la terrasse de la Caserne B troquait le bourdonnement habituel de l'apéro printanier contre le murmure d'un grand frisson collectif. Le public, massé au pied de l'ancienne caserne de pompiers de la Benauge, avait les yeux rivés au ciel. C'est dans la lumière dorée du soleil de mai qu'a eu lieu ce moment unique : le démontage des silhouettes de l'artiste urbain Oak Oak, sublimé par la compagnie Tango Nomade.
Un ballet aérien pour dire au revoir
Implantées en juin dernier pour trois mois, les silhouettes d'Oak Oak seront finalement restées un an. Pour accompagner la désinstallation de ces bonshommes qui habitaient la façade, la compagnie Tango Nomade a imaginé « En vie », un ballet aérien onirique d'une sensibilité rare. Suspendues à des filins le long du béton brut, deux danseuses verticales ont défié la gravité dans une performance poétique. En se balançant et en détachant une à une les silhouettes d'Oak Oak, les artistes ont littéralement donné vie à la paroi. Un ballet aérien saisissant et éphémère entre la fluidité des corps en mouvement et la silhouette raide de la structure en béton.
Le début du compte à rebours
Cet événement sonne comme le début d'un grand compte à rebours pour ce lieu temporaire installé sur ce site iconique de la rive droite. Le bâtiment, conçu par l'architecte Claude Ferret, a hébergé la caserne de pompiers de la Benauge jusqu'en 2024. Hautement populaire avec son bar, son marché et ses food-trucks, la Caserne B vit ses dernières semaines d'existence. En septembre prochain, le site fermera définitivement ses portes pour laisser la place aux travaux d'un futur complexe hôtelier lifestyle.
« Voir cette façade s'animer ainsi, c'était magique, mais cela donne aussi un petit pincement au cœur. On sent que la fin d'une époque approche pour le quartier », confie Michel, un habitué, un verre à la main. Si les acrobates ont tiré leur révérence, ce spectacle unique lance magistralement le dernier été de la Caserne B. Une invitation à profiter, jusqu'au bout et sous le soleil, de cet espace atypique avant sa mutation à la rentrée.



