L'architecte Bassam Tabet a profondément marqué le paysage d'Antibes
Le boulevard d'Aguillon, la baigneuse de Juan-les-Pins, la capitainerie de la Salis... Ces réalisations emblématiques, parmi une centaine de projets, témoignent de l'influence durable de l'architecte franco-libanais Bassam Tabet sur la ville d'Antibes. Son œuvre est actuellement mise en lumière dans une exposition aux archives municipales, visible jusqu'au 26 juin, offrant un regard unique sur son héritage architectural.
Le boulevard d'Aguillon : une métamorphose urbaine
Entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, le boulevard d'Aguillon a connu une transformation majeure sous la direction de Bassam Tabet. Le projet a été mené en plusieurs phases, avec pour objectif de rendre l'espace plus convivial et accessible aux piétons. Une casemate a été évidée pour créer un passage rectangulaire, baptisé la « Porte de l'An 2000 », permettant une circulation fluide sans perturbation des véhicules. Bassam Tabet explique : « Le choix de la forme du passage est volontairement sobre afin de préserver l'importance et l'ancienneté des arches avoisinantes. » Cette intervention a également inclus une piétonnisation partielle et un réaménagement complet du boulevard.
La baigneuse de Juan-les-Pins : un cadre révélateur
La célèbre sculpture de la baigneuse à Juan-les-Pins a bénéficié d'une mise en valeur récente grâce à la persévérance de Bassam Tabet. Lors de la réfection du bord de mer l'année dernière, incluant la promenade du Soleil, un encadrement spécifique a été réalisé pour la sculpture. Bien que le chantier n'ait pas été conçu par l'architecte, il a permis de concrétiser son vieux rêve : « C'est pourtant comme ça qu'elle se révèle à nous », affirme-t-il. Cette initiative a évité que la baigneuse ne se perde visuellement parmi les immeubles environnants.
La villa La Garoupe : une expression poétique
Construite entre 2003 et 2004, la villa privée La Garoupe au cap d'Antibes illustre la créativité de Bassam Tabet. L'architecte a fermé la partie exposée aux nuisances de la route et ouvert l'autre à la lumière naturelle, créant ainsi une ambiance unique. Les pièces ont été agencées en harmonie avec le mobilier art déco du client. Bassam Tabet sourit en évoquant ce projet : « Des poutres traversent des vitres en verre, c'est juste magnifique. » Cette réalisation s'ajoute à son portfolio, qui comprend trois villas construites et 160 réhabilitées dans la région.
La résidence Les Madrépores : un héritage social minutieux
Les logements sociaux font partie intégrante de l'héritage de Bassam Tabet à Antibes. Une maquette manuelle de la résidence Les Madrépores, livrée en 2000 sur l'avenue Philippe-Rochat, est exposée aux archives municipales. Elle met en valeur un travail d'une grande précision. L'architecte souligne : « L'angle pointu que l'on peut voir n'est pas un geste gratuit. Aucun ne l'est. Il pointe exactement vers le Fort Carré. » Cette attention aux détails reflète sa démarche architecturale rigoureuse.
La capitainerie du port de la Salis : un projet controversé
La capitainerie du port de la Salis, réalisée au début des années 2010, a été source de tensions avec certains futurs résidents. Bassam Tabet défendait une vision architecturale spécifique : « Je voulais que le bâtiment épouse la pente douce de la route qui le borde. » Cette approche a entraîné des problèmes de hauteur sous plafond et d'espaces inutilisés. Après des négociations, le bâtiment a finalement vu le jour, et les conflits se sont résolus, illustrant les défis de l'architecture urbaine.
La résidence L'Ocarina : favoriser les rencontres intergénérationnelles
Construite en 2005 aux Basses-Bréguières, la résidence L'Ocarina a été conçue pour accueillir à la fois des personnes à mobilité réduite (PMR) et des personnes valides. Bassam Tabet a imaginé un dispositif où les logements PMR sont jumelés avec des appartements situés au-dessus, afin de promouvoir les échanges et les rencontres. Il explique : « Un regard, des échanges… C'est l'idée, j'aime imaginer comment les habitants s'approprient l'espace. » Ce projet incarne sa volonté de créer des environnements inclusifs et sociaux.
L'exposition aux archives municipales d'Antibes offre ainsi une plongée fascinante dans l'œuvre de Bassam Tabet, révélant comment son architecture a modelé l'identité de la ville, de ses espaces publics à ses logements privés, en passant par ses infrastructures portuaires.



