Le moins que l'on puisse dire à propos de l'entreprise Google, c'est qu'elle a su se frayer un chemin dans notre vocabulaire. Après le verbe « googler », synonyme de « faire une recherche sur Internet », elle a donné son nom à un phénomène cognitif bien connu : l'effet Google.
Amnésie numérique
Pour définir l'effet Google, le terme « amnésie numérique » est souvent employé. Le phénomène a été mis en évidence en 2011 par les chercheurs en psychologie américains Betsy Sparrow, Jenny Liu et Daniel M. Wegner. Qu'ont-ils démontré ? Que si l'on donne à un individu la consigne de retenir une information, mais qu'il sait où et comment la trouver, il la mémorise moins bien. Inversement, le « chemin d'accès » à l'information sera, lui, bien mémorisé. Ces résultats ont été confirmés par des études ultérieures.
L'effet Google ne se limite pas à Google
Vous êtes-vous déjà demandé, en cherchant une direction sur une application de navigation, comment on faisait avant pour trouver une adresse ? L'amnésie numérique ne se borne pas à la recherche d'informations : itinéraires, dates d'anniversaire, numéros de téléphone… Autant de données que nous mémorisions il y a encore vingt ou trente ans, mais dont nous externalisons désormais le « stockage ».
Est-ce inquiétant ?
Pour certains chercheurs, cette « amnésie » suggère un potentiel déclin cognitif. Pour d'autres, il s'agit juste d'un transfert de compétences : plutôt que de retenir l'information elle-même, le cerveau se souvient d'autre chose – en l'occurrence, des emplacements où les données sont disponibles et des chemins pour y accéder. La dépendance aux outils numériques, par contre, est indiscutable… et aggravée par l'avènement des intelligences artificielles, qui pose d'autres problèmes. Plusieurs études suggèrent déjà que leur usage, même modéré, mène à un déclin cognitif mesurable.



