La Nasa a dévoilé le 1er juillet 2026 un ensemble de nouvelles missions visant à consolider son projet de base lunaire permanente, baptisé Artemis Base Camp. L'agence spatiale américaine prévoit désormais un premier atterrissage d'équipage sur la Lune pour 2028, avec une présence humaine durable à l'horizon 2030.
Un calendrier révisé et des objectifs élargis
Ces annonces font suite à une revue interne du programme Artemis, qui a mis en lumière la nécessité de missions supplémentaires pour préparer l'infrastructure de la base. La Nasa a ainsi confirmé le lancement de la mission Artemis III, qui transportera un équipage autour de la Lune sans atterrir, pour 2027. Cette mission servira de répétition générale avant l'atterrissage d'Artemis IV en 2028.
Selon l'administrateur de la Nasa, Bill Nelson, « ces nouvelles missions nous permettront de tester les systèmes de survie et les technologies de construction nécessaires à une base permanente ». La Nasa prévoit également l'envoi de deux modules d'habitation préfabriqués, qui seront assemblés par des robots téléopérés depuis la Terre.
Des partenariats public-privé renforcés
Pour accélérer le développement, la Nasa a signé de nouveaux contrats avec des entreprises privées, notamment SpaceX et Blue Origin. SpaceX fournira le module d'atterrissage lunaire pour Artemis IV, tandis que Blue Origin développera un module de surface capable de soutenir un équipage de quatre astronautes pendant deux semaines. Ces contrats représentent un investissement total de 4,2 milliards de dollars.
La Nasa a également annoncé un accord avec l'Agence spatiale européenne (ESA) pour la fourniture de systèmes de communication et de navigation autour de la Lune. L'ESA contribuera à hauteur de 1,5 milliard d'euros, en échange de places pour ses astronautes sur les missions Artemis à partir de 2029.
Un impact scientifique et économique majeur
Le projet de base lunaire est justifié par des objectifs scientifiques ambitieux, notamment l'étude de la géologie lunaire et la recherche de ressources en eau. La Nasa estime que la base pourrait permettre de produire de l'eau potable et de l'oxygène à partir de la glace présente aux pôles, réduisant ainsi les coûts de ravitaillement. Selon une étude de l'université du Colorado, une base lunaire permanente pourrait générer jusqu'à 20 milliards de dollars de retombées économiques d'ici 2040.
Les critiques pointent toutefois le coût élevé du programme, estimé à plus de 100 milliards de dollars sur dix ans. Certains scientifiques préféreraient que ces fonds soient alloués à l'exploration robotique de Mars ou à l'étude du changement climatique. La Nasa rétorque que la Lune est une étape indispensable pour préparer un voyage vers Mars.
Les prochaines étapes
La Nasa prévoit de lancer une série de missions robotiques en 2027 pour cartographier les sites d'atterrissage potentiels et tester les technologies de construction. Le premier module d'habitation devrait être posé sur la Lune en 2028, avant l'arrivée de l'équipage. La base sera progressivement agrandie pour accueillir jusqu'à huit astronautes à la fois à partir de 2032.
Bill Nelson a conclu en affirmant que « la Lune est notre huitième continent, et nous devons apprendre à y vivre avant de nous aventurer plus loin dans le système solaire ».



