Des chercheurs de l'Institut de technologie de Karlsruhe (Allemagne) ont démontré qu'un réseau Wi-Fi classique peut identifier les personnes présentes dans une pièce, sans utiliser ni caméra ni microphone. Selon Franceinfo, l'étude a été menée sur près de 200 personnes, avec un taux de réussite proche de 100 %. Cette découverte révèle une faille majeure pour la vie privée.
Des ondes qui "dessinent" les occupants d'une pièce
Le principe repose sur le fonctionnement même du Wi-Fi. En permanence, les routeurs et les appareils connectés échangent des signaux radio. Comme la lumière ou le son, ces ondes se réfléchissent sur les objets, les murs, mais aussi sur les corps humains. À partir de ces déformations du signal, les chercheurs ont entraîné une intelligence artificielle capable de reconstituer une représentation de l'espace et de ses occupants. Lors de leurs tests, le système est parvenu à reconnaître les individus avec un taux de réussite proche de 100 %.
Ni caméra, ni micro
C'est précisément ce qui inquiète les spécialistes. Contrairement aux dispositifs de surveillance classiques, cette technologie n'a besoin ni d'image ni d'enregistrement sonore pour fonctionner. Même une personne qui aurait recouvert sa webcam, fermé ses volets ou éteint son smartphone pourrait théoriquement être détectée grâce aux signaux Wi-Fi présents dans son environnement. Pour les chercheurs, l'objectif n'était pas de développer un nouvel outil de surveillance, mais au contraire de mettre en lumière une faille potentielle encore largement méconnue.
Un risque encore théorique
Pas de panique toutefois. Les expériences ont été réalisées dans un cadre scientifique très contrôlé et nécessitent des compétences techniques avancées ainsi qu'un important travail de traitement des données. Selon Franceinfo, aucun pirate informatique ne peut aujourd'hui transformer instantanément une box internet en système de surveillance sophistiqué. Les auteurs de l'estiment néanmoins que ces travaux doivent servir d'avertissement. Avec la généralisation des réseaux sans fil dans les logements, les entreprises et les lieux publics, ils appellent à renforcer les protocoles de sécurité et à mieux protéger certaines données émises par les appareils connectés.



