Stade Toulousain : Thomas Ramos affûte la soif de victoire avant le choc à Bordeaux
À l'image de leur arrière Thomas Ramos, les joueurs du Stade Toulousain nourrissent une ambition claire : faire mieux dimanche en quart de finale à Chaban-Delmas que lors de la demi-finale perdue à Bordeaux la saison dernière. Une habitude bien ancrée au sein du club, avant les rencontres cruciales, particulièrement en Champions Cup, les cadres sont envoyés devant les micros pour exprimer la détermination collective.
Un match aux standards internationaux
À trois jours de l'affrontement sur le terrain de l'Union Bordeaux-Bègles, Thomas Ramos, l'arrière international, est venu expliquer la soif de victoire des Rouge et Noir. Considérez-vous que vous allez jouer un match de niveau international ? Tous les joueurs ont envie de disputer des matchs comme celui-là, en phase finale face à une belle équipe. Il nous tarde. Au vu de notre dernière prestation à Bordeaux, où on a subi une défaite 44-20 avec un temps de jeu effectif supérieur à 40 minutes, ce sera certainement un match qui se rapprochera de ces standards, proches du niveau international. On sait que quand on joue cette compétition, il faut un supplément d'âme. Sur les entraînements, en tout cas, l'énergie et la concentration sont bonnes.
Une impatience renforcée par l'absence de l'an passé
Vous aviez manqué la demi-finale l'an passé sur blessure. De quoi vous rendre encore plus impatient ? J'étais déçu de ne pas pouvoir participer. Quand tu ne joues pas, tu as les boules, et quand tu perds, tu les as encore plus. Il a fallu quelques jours pour digérer. Mais au vu du parcours des Bordelais, ils méritaient leur titre, rien à dire. J'ai pu me reconcentrer ensuite pour aller chercher un nouveau titre en Top 14. C'était ma façon d'évacuer la frustration.
Connaissance mutuelle et possibilités de surprise
Les deux équipes se connaissent très bien. Est-ce encore possible de se surprendre ? On se joue depuis longtemps en Top 14, on se retrouve régulièrement lors des phases finales. Chaque staff analyse les moindres faits et gestes des défenses ou attaques adverses. On essaie toujours de trouver de petits ajustements, sur les lancements ou les stratégies, pour pouvoir surprendre l'adversaire. Mais les joueurs restent les mêmes. On connaît les points forts et faibles de chacun.
Expérience passée et défis du stade Chaban-Delmas
L'an dernier, en quarts, vous aviez gagné à Toulon (18-21). Une expérience sur laquelle vous pouvez vous appuyer ? C'était un match très tendu, serré, âpre, notamment devant avec un adversaire totalement différent de ce qu'on va rencontrer ce week-end. Je ne pense pas que ça se jouera dimanche sur les mêmes aspects qu'à Toulon. Mais on pourra se rappeler qu'on a tenu contre une équipe qui évoluait devant son public. Cette fois, on va à Chaban, un stade où il faut reconnaître qu'il y a une sacrée ambiance. C'est toujours particulier de jouer devant 33 000 personnes. Il va falloir rester soudés et serrés.
Montée en puissance de l'UBB et rivalité croissante
Quel regard portez-vous sur la montée en puissance de l'UBB ? Ils ont progressé depuis quelques années. Quand tu habitues un groupe à jouer des phases finales, tu arrives à décrocher un titre. J'essaie surtout de regarder comment nous, on se comporte, mais ils ont de très bons joueurs. Sans savoir comment ils fonctionnent en interne, ils ont un très bon groupe, qui s'entend bien.
Cette rivalité va crescendo ? Oui, et tant mieux ! Avoir des équipes qui veulent nous battre, être meilleurs que nous, ça nous permet de ne pas nous reposer sur nos lauriers. On invente beaucoup de rivalités dans le rugby, je nous considère plus comme des adversaires. Après, aucune équipe n'aime voir d'autres mecs soulever un trophée, mais l'an dernier, quand les Bordelais sont champions, j'ai des potes en face, dont un très bon ami (Damian Penaud), j'étais heureux. Ils le méritaient, et basta, on passe à autre chose. Peut-être que ce match arrive trop tôt, mais on ne peut s'en prendre qu'à nous-mêmes. On se déplace chez un gros, il faudra être présent.
Duel de charnière : Lucu - Jalibert contre Dupont - Ntamack
Ce match sera aussi un duel de charnière, Lucu - Jalibert contre Dupont - Ntamack… Ça fait six, sept ans qu'on compare Romain et Matthieu. Pfff… Moi, ça me soûlerait. Pendant des années, le rugby français s'est plaint de ne pas avoir de grands joueurs à l'ouverture, là on en a deux, et on est toujours en train de les comparer. Il faut juste les laisser jouer. Profitons d'avoir de bons numéros 10 en France plutôt que de vouloir envoyer une pique à l'un ou à l'autre.



