Les Lionnes du Stade Bordelais face à un défi de confiance
Battues par Clermont (27-20) après huit victoires consécutives, les joueuses du Stade Bordelais accueillent Lille ce samedi dans l'espoir de retrouver leur confiance. Ce match crucial précède la réception de Toulouse la semaine prochaine, ajoutant une pression supplémentaire sur les triples championnes de France.
Alexandre Pilati : Un ancien joueur dévoué au rugby féminin
En mai dernier, l'ailier Alexandre Pilati, âgé de 30 ans, a raccroché les crampons après une victoire avec l'US Dax contre Agen (10-9), concluant 76 matchs pour le club landais. Parallèlement à sa carrière, qui inclut l'équipe de France à sept et la sélection de Côte d'Ivoire, ce Bordelais de naissance a toujours entraîné des équipes féminines.
« D'abord les Pachys de l'USD, puis l'AS Bayonne, avant d'atterrir chez les triples championnes de France du Stade Bordelais en début de saison », explique-t-il. En charge des skills, c'est son envie de contribuer à la progression du rugby féminin qui l'anime.
Les défis d'un groupe triple champion
Arrivé lors de l'inter-saison, Alexandre Pilati a été marqué par la capacité des joueuses à concilier rugby, études et travail. « C'est une force incroyable de répondre à tout ce qu'on leur demande en club et à côté. Quand je compare au monde que je connaissais quand j'étais joueur, on pouvait faire la sieste tranquillement l'après-midi, ce n'est souvent pas leur cas », souligne-t-il.
Il a travaillé aux côtés de François Ratier, ancien manager parti diriger le XV de France féminin, héritant d'une philosophie axée sur la constance dans le travail des bases. « Il m'a sensibilisé sur le fait d'être constant sur le travail des bases et ne jamais lâcher les filles sur ça. Par exemple, la passe ne sera jamais quelque chose d'acquis donc l'entraîner est obligatoire », ajoute Pilati.
Une saison compliquée à surmonter
Cette saison, le Stade Bordelais occupe la troisième place derrière Clermont et Toulouse, une position inhabituelle pour les championnes en titre. Plusieurs facteurs expliquent cette difficulté selon l'entraîneur : « C'est une saison un peu particulière avec la Coupe du monde qu'il a fallu digérer, le départ du manager, le nouveau cycle en équipe de France qui concerne beaucoup de nos joueuses… Il y a une sorte de frein ».
Il insiste sur la nécessité de déclencher un déclic pour exploiter pleinement le potentiel de l'équipe. « Vu l'équipe qu'on a, on ne doit pas être autant embêtées », estime-t-il.
Le match contre Lille : Une étape cruciale
Face à Lille, dixième du championnat, l'objectif est clair : retrouver de la confiance avant d'affronter Toulouse. « Il faut d'abord bien recevoir Lille. C'est une équipe qui avait proposé une grosse défense et du bon jeu contre Clermont et Toulouse. Si on ne fait que déplacer le ballon, ça ne passera pas », prévient Alexandre Pilati.
Il attend des joueuses qu'elles s'adaptent, saisissent les occasions, jouent pleinement et prennent du plaisir. Malgré la défaite à Clermont qui éloigne probablement le top 2, l'ancien ailier reste optimiste : « Toutes les saisons sont différentes. Ce quatrième titre est un objectif difficile mais réalisable. Il faut avancer par étapes ».
La prochaine étape consiste à être à 100 % sur 80 minutes, ne rien lâcher et éviter la frustration des occasions non concrétisées. En plus de son rôle avec les Lionnes, Alexandre Pilati intervient également chez les espoirs et la pré-filière, démontrant son engagement total envers le développement du rugby féminin.
Le match entre le Stade Bordelais (3e, 39 points) et Lille (10e, 8 points) se déroulera ce samedi à 17 heures au stade Saint-Germaine du Bouscat, offrant une opportunité de redémarrage pour les championnes en quête de renouveau.



