Les relations complexes entre les présidents de l'UBB et du Stade Toulousain
Les relations qu'entretiennent Laurent Marti et Didier Lacroix, respectivement présidents de l'Union Bordeaux-Bègles et du Stade Toulousain, suscitent depuis plusieurs mois de nombreux commentaires et supputations. La rivalité sportive entre ces deux clubs majeurs du rugby français s'étendrait-elle aux arcanes de la Ligue Nationale de Rugby ? Cette question fondamentale agite régulièrement le microcosme rugbystique.
Le salary cap au cœur des tensions
Cette interrogation est particulièrement attisée par la multiplication des affaires d'infraction au salary cap auxquelles le triple champion de France en titre, le Stade Toulousain, doit faire face. Parallèlement, la Ligue a considérablement durci son arsenal répressif en la matière. Cette orientation stratégique a été prise sous la présidence de Yann Roubert, dont la candidature avait été activement promue par Laurent Marti.
Il est important de noter que Didier Lacroix était quant à lui un membre important du comité directeur de la LNR présidé par René Bouscatel. Redevenu une figure très influente de ce comité directeur, le président bordelais n'a jamais caché qu'il militait avec force pour que le règlement encadrant les masses salariales soit clarifié et renforcé.
Des déclarations pesées et des suspicions persistantes
L'hégémonie sportive du Stade Toulousain « ne me dérange pas. Quand tu travailles bien et que tu gagnes. Moi, ça m'inspire », avait justifié Laurent Marti auprès du journal Sud Ouest en avril 2025. « Le souci, c'est de savoir jusqu'à quel point on veut créer le Paris SG dans notre championnat. Le salary cap, il est là pour réguler financièrement, pour qu'on ne fasse pas n'importe quoi mais surtout parce qu'on veut maintenir une équité sportive. »
Le président de l'UBB a toujours pris un soin extrême à peser ses mots lorsqu'il s'exprime sur le cas spécifique du Stade Toulousain. Même au plus fort de l'affaire Melvyn Jaminet, qui avait donné lieu à un accord en médiation avant de rebondir pour aboutir à un retrait de deux points en décembre dernier, il n'a pas dérogé à cette prudence de communication en public.
Cependant, ses propos, parfois décontextualisés ou légèrement déformés, ont régulièrement alimenté le soupçon d'une manœuvre orchestrée depuis Bordeaux contre le club toulousain. Une suspicion qui trouve peut-être son origine dans le tacle adressé par Ugo Mola, l'entraîneur du Stade Toulousain, avant la dernière demi-finale de Champions Cup entre les deux clubs.
Cette pique était intervenue suite à l'entretien dans L'Équipe où Laurent Marti exprimait son admiration pour le Stade Toulousain : « Il peut venir quand il veut être commercial au Stade Toulousain », avait alors lancé Mola, révélant les tensions sous-jacentes.
Une influence réelle mais partagée
Il convient de nuancer ce tableau : l'UBB n'est pourtant pas le club le plus en pointe sur les sujets de salary cap dans les coulisses de la LNR. La Section Paloise, dont le président Bernard Pontneau est également en charge de la commission salary cap, ou encore le club de Clermont, feraient partie des acteurs les plus véhéments et déterminés dans ces dossiers sensibles.
Une relation professionnelle maintenue
En avril dernier, Laurent Marti assurait pourtant avoir « une très bonne relation » avec Didier Lacroix. Qu'en est-il aujourd'hui alors que l'actualité est polluée par l'affaire des contrats d'image noués par Antoine Dupont et Anthony Jelonch ? « Je ne saurais pas dire ce qu'il en est précisément », témoigne un membre expérimenté de la LNR.
« Ce que je constate malgré tout, c'est qu'ils partagent la commission très importante de la relation avec la FFR. Et dans ce cadre-là, ils ont été les pilotes de la convention FFR-LNR qui a été adoptée en début d'année. Ils savent travailler ensemble lorsqu'il s'agit des intérêts supérieurs du rugby français. »
Cette capacité à collaborer sur des dossiers stratégiques, tout en maintenant une rivalité sportive et institutionnelle marquée, caractérise la complexité des relations entre ces deux présidents influents. Leur dynamique continue de façonner en partie les débats et orientations de la Ligue Nationale de Rugby, notamment sur la question épineuse du salary cap et de l'équité financière entre clubs.



