Nicolas Agnesi : une carrière partagée entre Montauban et le Var
Nicolas Agnesi, pilier gauche de 37 ans, incarne le parcours d'un rugbyman attaché à ses racines. Né à Draguignan le 9 septembre 1988, il a été lancé chez les professionnels par le Rugby Club Toulonnais (RCT) à seulement 19 ans. Pourtant, c'est à 463 kilomètres de Mayol, sous le maillot de Montauban, qu'il a bâti l'essentiel de sa carrière, disputant 223 matches en douze saisons.
Douze années montalbanaises : une aventure imprévue
En 2012, après des passages à Pau et Colomiers, Nicolas Agnesi signe à Montauban en Fédérale 1. « Xavier Péméja m'avait dit : “Je pense que tu vas rester dix ans au club”. Moi, je ne l'imaginais pas vraiment, mais lui n'a pas eu tort ! », confie-t-il avec le sourire. Il décrit l'Union sportive montalbanaise comme un club familial et fervent, où le rugby est au cœur de la vie locale, avec une ambiance rappelant celle de Toulon.
Retour aux sources à Draguignan
À l'été 2024, après avoir raccroché les crampons chez les professionnels, Agnesi fait le choix de revenir à son club d'enfance, Draguignan, en Fédérale 3. « Au fond de moi, j'avais une réelle envie de participer à l'histoire de Draguignan », explique-t-il. Ce retour est motivé par la volonté de se rapprocher de sa famille varoise et de transmettre sa passion.
Aujourd'hui, il est responsable de l'école de rugby dracénoise et joue toujours avec l'équipe première. « J'adore ce sport. L'ambiance club, découvrir des nouveaux partenaires… et un autre rugby, au fond », souligne-t-il, évoquant les différences entre le rugby professionnel et amateur.
Montauban en Top 14 : une fierté partagée
Agnesi a vécu avec émotion la montée de Montauban en Top 14 en 2025, après son départ. « J'étais super content. Pour les mecs avec qui j'ai joué, déjà, mais avant tout pour le club », affirme-t-il. Il a assisté au match aller à Mayol, un moment où deux parties de sa vie se sont regroupées, entouré de sa femme et de ses enfants.
Transmission et projets d'avenir
À 37 ans, Nicolas Agnesi continue de jouer par passion et pour la transmission. « Tous veulent jouer au haut niveau, mais il faut leur apprendre la réalité dès le plus jeune âge. Sans travail, il n'y aura rien », insiste-t-il. Actuellement, il prépare son Diplôme d'État d'entraîneur à Aix-en-Provence, tout en visant une montée en Fédérale 2 avec Draguignan.
Sur son avenir, il reste pragmatique : « Je ne me fixe pas vraiment de limite. Ce qui va dicter mon choix, c'est d'abord ma famille… et ensuite mon corps ». Draguignan, qualifié pour les 32es de finale de Fédérale 3, représente pour lui une opportunité de vivre l'aventure du rugby amateur et de contribuer à l'histoire de son club de cœur.



