Les rues de Rio de Janeiro, habituellement en fête lors des matchs du Brésil, étaient silencieuses ce dimanche après l'élimination de la Seleção en quarts de finale de la Coupe du Monde 2026. Battue 2-1 par l'Argentine, l'équipe brésilienne a vu ses espoirs de titre s'envoler, laissant ses supporters amers.
Une déception immense pour les fans
« J'y croyais vraiment cette année, à Rio », confie Pedro, 34 ans, supporter depuis l'enfance, les yeux rougis. « On avait une équipe solide, Neymar était en forme, mais on a encore craqué. » Comme lui, des milliers de Brésiliens ont vécu la défaite comme un drame national. Selon un sondage Datafolha publié lundi, 78 % des Brésiliens estimaient que la Seleção était favorite pour le titre avant le match.
La déception est d'autant plus forte que le Brésil n'a plus remporté la Coupe du Monde depuis 2002. « Chaque élimination est un coup de poignard », analyse Maria, 52 ans, qui a regardé le match dans un bar de Copacabana. « On met tout notre espoir dans cette équipe, et à chaque fois, on finit par pleurer. »
Les causes de l'échec selon les observateurs
Pour les commentateurs sportifs, l'élimination s'explique par plusieurs facteurs. Le sélectionneur Tite a été critiqué pour son choix tactique en seconde période, alors que le Brésil menait 1-0. « On a reculé trop tôt, on a laissé l'Argentine revenir », estime Juca Kfouri, journaliste à Folha de S.Paulo. « C'est une erreur qu'on paie cash. »
Le manque d'efficacité offensive a aussi été pointé du doigt : sur 15 tirs, seuls 4 ont été cadrés. Neymar, pourtant décisif en phase de groupes, a été muselé par la défense argentine. « Il n'a pas eu d'espaces, il était trop isolé », note l'ancien joueur Ronaldo, dans une interview au Globo.
L'impact sur le moral national
L'élimination a des répercussions au-delà du sport. Au Brésil, le football est une affaire d'État. « C'est une blessure pour l'ego national », explique le sociologue Ronaldo Helal, de l'Université de Rio. « Le pays traverse une crise économique et politique, et le football était une échappatoire. Cette défaite ravive un sentiment de déclin. »
Les autorités redoutent des tensions dans les jours à venir. À São Paulo, des affrontements entre supporters et police ont éclaté après le match, faisant 12 blessés légers. Le gouvernement a appelé au calme, tandis que la Confédération brésilienne de football (CBF) a annoncé une réunion pour évaluer l'avenir de Tite à la tête de la sélection.
Un avenir incertain pour la Seleção
L'avenir de plusieurs cadres est aussi en question. Neymar, 34 ans, n'exclut pas une retraite internationale. « Je vais réfléchir », a-t-il déclaré en zone mixte. « C'est dur de se relever après ça. » Des jeunes comme Vinicius Junior ou Rodrygo devront prendre la relève, mais le chemin vers la Coupe du Monde 2030 semble long.
Pour les supporters, l'heure est au deuil. « On va supporter encore, c'est dans notre sang », conclut Pedro, en remettant son maillot jaune. « Mais aujourd'hui, ça fait mal. »



