Denis Zakaria, le capitaine monégasque qui rayonne dans l'axe défensif
Positionné dans l'axe de la défense lors de onze des treize derniers matchs de l'AS Monaco, Denis Zakaria connaît une véritable renaissance. Mercredi, à deux jours du déplacement au Paris FC ce vendredi 10 avril à 19h (29e journée de Ligue 1), le capitaine s'est longuement exprimé sur ce changement de poste qui transforme sa saison.
Une décision tactique payante
Absent à l'aller, Denis Zakaria avait vu ses partenaires tomber au Louis-II face au Paris FC (1-0) le 1er novembre 2025. Cette défaite marquait la première pour Sébastien Pocognoli sur le banc monégasque. Aujourd'hui, brassard autour du biceps, Zakaria sera une nouvelle fois le guide monégasque contre le Paris FC, dans un match qui peut permettre à l'ASM de remonter provisoirement à la troisième place en cas de victoire.
Au cœur de la défense à trois, entouré de Thilo Kehrer et Wout Faes, l'international suisse (63 sélections, 3 buts) ne cesse d'impressionner depuis que Sébastien Pocognoli l'a repositionné. Mercredi, l'entraîneur belge a expliqué l'origine de cette idée stratégique. Elle date de fin janvier, après la lourde défaite à Madrid en Ligue des champions (6-1).
La genèse d'un repositionnement réussi
"Fatigué de souffrir sur chaque transition", Pocognoli a acté le glissement du Genevois du milieu vers l'arrière. Un levier qu'il a finalement actionné deux matchs plus tard, face à la Juventus (0-0). "Que ce soit à quatre ou à trois derrière, on avait toujours cette difficulté à couvrir l'espace dans notre dos", développe Pocognoli. "Ça me semblait un choix logique et 'Zak' a un grand futur à ce poste."
L'entraîneur souligne les qualités rares de son capitaine : "Trouver un défenseur central dans une défense à trois qui défende vers l'avant et vers l'arrière, avec la capacité de s'infiltrer avec le ballon, ce n'est pas facile. Avec le fait qu'on veuille presser haut, il faut quelqu'un de courageux."
Une complémentarité défensive efficace
Depuis ce changement, le capitaine a joué onze des treize derniers matchs de son club en charnière. Il ne l'a quittée que face à Nantes (3-1, 13 février) et lors du barrage aller de Ligue des champions contre Paris (2-3, 17 février). Pocognoli a précisé que Christian Mawissa aurait prochainement son mot à dire dans la défense à trois, mais il n'y a pas de raison de changer vu les résultats actuels.
"Ça marche aussi bien parce que notre trio défensif est très complémentaire", décrit Pocognoli. "Sans Mawissa (qui a été blessé), 'Zak' a comblé notre déficit de vitesse. Wout nous apporte de la voix, sa qualité avec le ballon et un bon jeu de tête. Thilo est un complément de toutes ces qualités."
L'état d'esprit d'un capitaine dévoué
La confiance de Zakaria irradie sur Kehrer et Faes, et ses prestations poussent à voir plus loin. Mais peut-il se fixer définitivement à ce poste, à bientôt 30 ans (il les aura en novembre) ? Lui qui ne le porte pas dans son cœur puisqu'il y fait "moins le jeu", concentré sur ses tâches défensives.
"Je ne sais pas si ça peut être ma position définitive, y compris en sélection", a-t-il glissé d'un sourire malicieux. "Si je ne pense qu'à moi, jouer à ce poste n'est pas facile, mais vu notre saison très très compliquée, je le fais volontiers. Je ne suis pas victime des choix du coach parce que je joue. Je suis un joueur d'équipe et si je peux l'aider à ce poste, on continue. Ce n'est pas ce que je pense qui compte. Je passe après l'équipe."
Adaptation en sélection nationale
Son sélectionneur Murat Yakin l'a utilisé dans le même secteur lors de la dernière trêve internationale. Il l'a également aligné latéral droit, ce qui "a été un peu compliqué" rigolait Zakaria mercredi. Un guide qui n'a pas rebondi sur la possibilité que sa trajectoire épouse celles de Laurent Blanc ou Matthias Sammer, autres milieux passés de l'entrejeu à la défense dans leur carrière.
Il s'est montré plus prolixe sur son but contre Nantes, le premier des deux qu'il a inscrits cette saison. Il l'avait fêté avec hargne. "Je n'avais pas encore marqué, dans une période compliquée et c'est pour ça que c'était fort", a dévoilé le Genevois. "J'aime être décisif et c'était un soulagement personnel."
L'énième coup de pouce d'un homme redevenu central dans les performances de l'AS Monaco, démontrant une fois de plus son importance capitale pour l'équipe monégasque dans cette fin de saison décisive.



