Van Aert gagne le chrono, Pogacar sacré sur le Tour de France
Van Aert remporte le chrono, Pogacar sacré

Après s'être imposé au Mont Ventoux, le Belge Wout Van Aert a remporté le contre-la-montre entre Libourne et Saint-Emilion. Tadej Pogacar n'a pas eu besoin de forcer. Il remportera ce soir son deuxième Tour de France consécutif.

Un contre-la-montre sans enjeu mais magnifique

Finalement, c'est aussi bien comme ça. Le contre-la-montre final entre Libourne et Saint-Emilion était sans doute celui qui présentait le moins d'enjeu et de suspense de ces dix dernières années. Il n'a d'ailleurs pas touché une des dix premières lignes du classement général. Mais comme il était aussi le plus beau, on n'a pas vraiment vu l'après-midi passer. Une journée de soleil, sans tension nerveuse et sans bataille acharnée, c'est aussi ça le Tour de France. Et avant de remballer le barnum ce soir à Paris pour se tourner vers de drôles de Jeux Olympiques sous cloche, c'était un répit ma foi pas désagréable.

Tadej Pogacar n'avait pas besoin d'en rajouter et il n'a donc pas fait de zèle entre les vignes. Peut-être même le Maillot Jaune a-t-il pris le temps d'admirer le paysage et d'adresser un petit coucou à sa maman, venue l'encourager sur le bord du parcours. Avec 5 minutes 45 d'avance sur Jonas Vingegaard avant de s'élancer pour les 31 kilomètres du jour, le jeune Slovène savait qu'il n'avait absolument rien à craindre et n'avait manifestement pas envie (ni peut-être intérêt) de se faire la peau pour remporter une quatrième étape alors qu'il va désormais lorgner vers la course olympique dont il sera évidemment le grand favori, aux côtés de son coéquipier d'un jour, un certain Primoz Roglic, qui aurait pu se régaler sur ce chrono.

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Vingegaard sans trembler

Mais faute de Roglic (il a abandonné au matin de la neuvième étape), l'équipe Jumbo Visma, qui achève ce Tour à quatre, avait encore de la ressource. Comme prévu, le joker de luxe, Jonas Vingegaard, n'a pas tremblé au moment de verrouiller sa deuxième place surprise dès sa première participation au Tour. Le jeune Danois de 24 ans ne possédait que six secondes d'avance sur Richard Carapaz avant de s'élancer, et sa troisième place dans le chrono de Laval sonnait comme une assurance tout risque. Richard Carapaz ne s'est d'ailleurs jamais fait d'illusion. Et en prenant la troisième place de ce contre-la-montre, devant le spécialiste Stefan Küng un peu émoussé, Vingegaard ne lui a d'ailleurs laissé aucune chance.

L'avenir dira si la révélation de ce Tour est un vrai prétendant pour les prochains Tours ou s'il a simplement profité des circonstances. Si l'on en juge par ses facultés en montagne et ses deux très grosses performances en contre-la-montre, la logique penche plutôt pour la première solution. Mais la Jumbo devra alors rapidement régler un problème d'abondance de bien qui n'est pas toujours un atout. L'équipe Ineos, venue sur ce Tour avec trois leaders, mais finalement débordée, est bien placée pour le savoir.

Les quatre plus grosses équipes ont remporté 14 étapes sur 20

En attendant de gérer des problèmes de riche, l'équipe néerlandaise a simplement fini de sauver son Tour, hier à Saint-Emilion. Wout Van Aert, son puissant passe-partout, avait déjà gagné à Malaucène en domptant le Mont-Ventoux. Mais cette fois, le Flamand qui grimpait a retrouvé ses qualités plus intrinsèques de rouleur puissant pour dominer un autre spécialiste, le Danois de Deceuninck Quick Step Kasper Asgreen. Une fois de plus, l'une des quatre grosses écuries du peloton a donc raflé la mise. À elles seules, les équipes Deceuninck-Quick Step, Jumbo-Visma, UAE et Bahrain-Victorious se sont ainsi partagé quatorze des vingt étapes disputées jusqu'ici. Et la dernière, ce dimanche soir sur les Champs-Élysées, a encore toutes les chances de leur revenir, puisque Mark Cavendish n'a toujours pas signé sa 35e victoire sur le Tour, qui fera de lui le coureur le plus prolifique de l'histoire. Mais attention, Van Aert, le rouleur-grimpeur, est aussi capable de sprinter. L'année dernière, c'est ainsi qu'il avait remporté deux étapes. La razzia n'est donc pas finie. Et pour les autres, à défaut de grignoter quelques miettes, il est urgent d'aller prendre un peu de repos et de penser à autre chose.

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