Une affaire qui secoue le football amateur français. Samedi 25 avril 2026, les supporters de l'AS Cannes, pourtant autorisés par la justice à se rendre au match contre Nîmes Olympique, ont été contraints de faire demi-tour. La Fédération française de football (FFF) a été saisie par l'Association nationale des supporters (ANS). Les documents transmis dressent un constat accablant.
Une interdiction de déplacement contestée
Mercredi 22 avril, le président du Nîmes Olympique, Thierry Cenatiempo, écrit à la préfecture du Gard. Il évoque des moyens financiers limités pour la sécurité, craint des débordements après des heurts survenus au match aller, et demande une interdiction de périmètre. Le lendemain, la préfecture publie un arrêté interdisant aux supporters cannois de circuler, stationner ou accéder au stade.
Moins d'une heure après, Nîmes ouvre la vente des places du parcage visiteurs au grand public. Une requête en référé-liberté est déposée conjointement par les supporters cannois et nîmois. Le tribunal casse l'arrêté vendredi 24 avril, jugeant l'interdiction disproportionnée et constituant une atteinte grave aux libertés fondamentales.
Un revirement de situation
Malgré la décision de justice, Nîmes Olympique annonce sur ses réseaux sociaux la mise en vente de 160 nouveaux billets le jour du match. Le club rembourse les achats en ligne effectués jeudi, mais laisse les liens de téléchargement actifs. Samedi, les supporters cannois prennent la route. Arrivés à moins de quarante kilomètres du stade, les quatre autocars font halte sur une aire d'autoroute sous escorte.
Un supporter cannois, Étienne, rejoint le stade par ses propres moyens et achète un billet au guichet pour cinq euros, dans le parcage nord réservé aux visiteurs. La FFF tente de reprendre la main en envoyant un courrier rappelant qu'il revient au Nîmes Olympique d'assurer un emplacement sectorisé aux supporters visiteurs. Mais une nouvelle décision préfectorale samedi matin stipule que seuls les spectateurs munis de billets pourront pénétrer dans le périmètre du stade.
Des billets refusés
Selon nos informations, Nîmes Olympique aurait refusé de fournir des billets aux supporters cannois, malgré l'injonction de la FFF. À 18 heures, les forces de l'ordre signifient aux supporters qu'ils ne pourront pas entrer. Lundi 27 avril, l'ANS dépose une saisine auprès de la FFF. Elle pointe plusieurs manquements : non-respect du règlement imposant 5 % de la capacité du stade pour les visiteurs, non-suivi d'une instruction écrite de la FFF, et possible préméditation.
Le Nîmes Olympique se défend en estimant que la décision de justice rendue vendredi soir ne pouvait pas remettre en cause l'organisation du match en quelques heures. Mais l'ANS conteste : le club a bien modifié la répartition des places, vendant environ 200 billets au guichet dans la tribune visiteurs entre 16h30 et 17h50, la remplissant ainsi.
La FFF doit statuer le 7 mai 2026.



