Auteurs de séquences très rapides et dynamiques, les Jaune et Noir ont, comme face à l'UBB, prouvé qu'ils pouvaient eux aussi bien jouer. De quoi renforcer leur frustration.
On ne voudrait pas réinventer le fil à couper le beurre, mais le succès remporté à Perpignan ce samedi (29-31) a confirmé que le Stade Rochelais est meilleur quand ses meilleurs joueurs sont alignés ensemble. On pense bien sûr à Nolann Le Garrec qui, une semaine après avoir battu son record de points (25) face à l'UBB, a récidivé (26 unités, dont un doublé) contre une adversité autrement hostile, sur et en dehors du terrain. On pense aussi à la troisième ligne bleue, et notamment à un Grégory Alldritt qui remonte clairement en puissance (71 minutes, 15 courses et 60 mètres gagnés avec la balle, 13 franchissements, 5 défenseurs battus, 10 plaquages réussis pour 1 manqué – Oscar Jegou en a composté 13, pour 1 raté également). Ou encore à Davit Niniashvili, allumeur de pétards en chef qui a tenu tout le match et s'est démultiplié en attaque – on n'oubliera pas non plus la façon décisive avec laquelle il a attrapé le dernier coup d'envoi catalan – pour son retour de blessure.
Les partants, parfaits symboles
Il y a aussi Reda Wardi et Judicaël Cancoriet, dont les dernières sélections en bleu ne sont pas vieilles. Le premier a fait très mal à la mêlée perpignanaise, sans parler de son activité, et le second a encore démontré que le numéro 5 lui allait bien au teint, tant il s'est démené avec une vigueur épatante. Citons aussi les cinq minutes de Ihaia West, qui a redonné de l'oxygène derrière avant de gratter le ballon de la gagne.
« Comprendre et gagner, c'est un talent, une habitude qu'on a perdus il y a quelques mois »
Ces trois joueurs, dont le contrat s'arrêtera le 30 juin, symbolisent le caractère rochelais à 4 journées de la fin, dans une course hypothétique à la qualification. Peu importe leur destin, ils sont à l'unisson d'un collectif de 23 Jaune et Noir qui, certes, a laissé l'USAP dans le match à la faveur de trop nombreuses erreurs bêtes, mais qui, surtout, se révèle très excitant balle en main. Comme une semaine plus tôt face à l'UBB, on ne s'est pas ennuyé en regardant ce Stade jouer, ce qui n'a pas toujours été le cas – même si cela est arrivé moins souvent que la saison passée.
Ronan O'Gara a raison de rappeler que ça avait été également vrai lors de la première journée, à Bordeaux, et que l'infirmerie avait eu raison des ambitions maritimes sur le terrain. Cela, de même que le rappel que La Rochelle est meilleure avec ses plus gros atouts, ne peut qu'attiser les regrets sur cette saison alors que la phase finale pourrait se dérouler sans le SR pour la seconde année de suite.
« On est vivant »
« Je n'aime pas trop avoir des regrets, mais c'est sûr que quand on voit ce qu'on peut produire… Peu importe qui est sur le terrain quand on a un système en place et qui fonctionne comme ça, souligne Antoine Hastoy. Il faut qu'on garde ça en tête, qu'on se rappelle plus tard qu'on peut être performant ainsi. Tout le monde est confiant quant au fait qu'on peut produire ce jeu avec beaucoup de vitesse, des duels. De toute façon, le rugby évolue comme ça. »
« On est intéressant, on monte en puissance. Il y a des choses qu'on doit garder, d'autres qu'on doit régler. Il y a beaucoup d'envie, on n'a pas créé de très bonnes conditions dans certaines facettes du jeu, mais comprendre et gagner, c'est un talent et une habitude qu'on a perdus il y a quelques mois, on est en train de les retrouver. C'est un bon exemple, aujourd'hui, de ''gagner moche'', tempère Ronan O'Gara. La prochaine étape pour la confiance sera de marquer sur les occasions créées. Aujourd'hui, c'est un peu difficile mais ça va venir. Et on est vivant… »
Stade infos
Jack Nowell à l'infirmerie
Finalement apte pour ce match après une alerte au genou, l'ailier Jack Nowell n'a cette fois pas résisté à une alerte à la cuisse gauche dès la première période. Après une percée plein axe, l'Anglais s'est plaint d'un ischio, et a dû céder sa place à la 39e minute à un Ulupano Seuteni quelque peu retrouvé.
Encore une innovation tactique devant
Après un pack à 6 joueurs de première ligne ou le double coaching simultané de ses joueurs de troisième ligne, le staff maritime a à nouveau innové ce samedi. Si l'on s'attendait à voir Pierre Bourgarit entrer au poste de flanker, le Gersois a finalement succédé à Tolu Latu puis Quentin Lespiaucq au poste de talonneur. Ce qui fait que l'USAP a dû s'adapter face à trois n°2 différents.



