Jannik Sinner, favori écrasant pour Roland-Garros 2026
Sinner, favori écrasant pour Roland-Garros 2026

Jannik Sinner, favori écrasant pour Roland-Garros 2026

Invaincu sur terre battue cette saison, le numéro un mondial Jannik Sinner est le grand favori du seul tournoi du Grand Chelem qui manque encore à son palmarès. Arrivant à Roland-Garros avec 17 victoires consécutives sur terre battue et seulement trois sets concédés, l'Italien de 24 ans affiche une forme impressionnante.

Un parcours sans faute

Merci Daniil Medvedev… En poussant Jannik Sinner jusqu’à la zone rouge, la semaine dernière en demi-finale de Rome, le Russe a montré que le numéro un mondial pouvait parfois rester humain. Mais même là, ce n’est pas suffisant pour gagner. L’Italien, qui affrontera le Français Clément Tabur au premier tour, écrase presque tout sur son passage depuis son dernier détour victorieux à La Défense à l’automne dernier.

Le numéro un mondial vient déjà de cocher les cases de tous les Masters 1000 pour devenir l’égal de Novak Djokovic, le seul autre joueur à avoir réussi cette performance. Sauf que Sinner a mis moins de trois ans là où le Serbe avait dû batailler huit de plus… Et pour ôter encore un peu de suspense au Grand Chelem parisien, l’unique Majeur qui manque encore à son palmarès, le Transalpin débarque porte d’Auteuil invaincu cette saison en 17 matchs sur terre battue avec trois petits sets concédés. Des statistiques dignes des grandes heures de Rafael Nadal, le plus grand joueur de l’histoire sur la surface.

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Autant dire que la pancarte de favori s’affiche en taille XXL sur son indéboulonnable casquette. « C’est juste un joueur incroyable. Pour avoir joué beaucoup de tops joueurs dans ma carrière, je peux vous dire qu’il y en a peu qui peuvent atteindre ce niveau », résumait le Norvégien Casper Ruud, ancien double finaliste à Roland-Garros, battu 6-4, 6-4 à Rome. « Je n’ai jamais joué le Big Three (Federer, Nadal, Djokovic) dans leur prime, uniquement à la fin de leur carrière. Ils étaient plus jouables je pense. Mais ceux qui ont joué Roger, Novak ou Rafa à 25 ans ont dû avoir la même sensation. Et je ne le vois pas perdre son niveau, malheureusement. »

Un champion hors norme

La voie vers la Coupe des Mousquetaires semble d’autant plus dégagée que Carlos Alcaraz, l’autre extraterrestre du circuit, double tenant du titre, est chez lui en Espagne à soigner son avant-bras droit, qui le privera également de Wimbledon. L’an passé, les deux meilleurs ennemis avaient offert au public parisien une tranche de légende avec une finale à couper le souffle de 5h29 remportée par l’Espagnol au jeu décisif du 5e set.

« Chez 90 % des joueurs, le match est quasiment perdu d’avance quand ils entrent sur le court face à lui ou Alcaraz », observe Lucas Pouille, ex-numéro 10 et actuel coach d’Arthur Rinderknech. « On voit souvent des attitudes fatalistes. Par exemple des joueurs qui vont rigoler sur un coup incroyable alors qu’ils n’auraient pas eu le même comportement sur le même coup réalisé par le 70e… Mais bon, en même temps c’est une réalité, si on considère les derniers tournois qu’il a joués. »

Grigor Dimitrov, sorti dès les qualifications, a affronté le Big 3 à son apogée. Et l’an passé, le vétéran bulgare marchait sur Sinner à Wimbledon en 8e de finale avant d’être contraint à l’abandon. « Ce gars-là, comme ses illustres prédécesseurs, a juste été élevé différemment, nous glissait en souriant l’ancien numéro 3 à l’ATP lors de l’UTS de Nîmes en avril. Il fait preuve de compétitivité et de régularité au moindre match, au moindre tournoi. Ce qu’il montre aujourd’hui, c’est similaire, sinon mieux, que ce que faisaient ses aînés. »

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Une quête de perfection

Pouille est admiratif de voir le métronome tyrolien accélérer encore le tempo et aller chercher dans le détail pour creuser l’écart sur des adversaires (à l’exception d’Alcaraz) qu’il domine déjà. « Là où il est fort, c’est qu’il se remet tout le temps en question, explique le Nordiste. Je l’ai vu débarquer à Pékin l’an passé pour son premier tournoi après l’US Open (défaite contre Alcaraz en finale). Et là, tu vois tout d’un coup qu’il ne fait que des amortis et des slices de revers à l’entraînement. Je trouve ça incroyable. Le mec vient de gagner deux Grands Chelems sur quatre, il est numéro 2, et la première chose qu’il fait en sortant de l’avion, c’est deux heures de slices et d’amortis. Alors qu’il pourrait se dire que même en ne changeant rien, dans tous les cas il ne perdrait pas beaucoup de matchs ! »

Battu sept fois sur huit par Alcaraz entre Indian Wells 2024 et l’US Open 2025, le protégé de Darren Cahill trouvait son jeu un peu trop prévisible et stéréotypé. Alors, même s’il n’a pas le génie créatif de sa bête noire, il s’est mis à « Carlosiser » son jeu et utiliser beaucoup plus de variations pour surprendre.

« Il a accepté l’échec sur certains points, certains jeux pour mettre tout ça en place, poursuit Pouille. Parce qu’il sait qu’il a de la marge sur certains matchs et que sur le long terme ça permet d’être encore plus performant. C’est pour ça que les tout meilleurs sont en haut. Même quand on a l’impression de l’extérieur que tout est parfait, ils vont réussir à trouver un petit truc pour aller chercher plus. Cette faculté d’accepter l’erreur parce que tu veux progresser, c’est très dur à acquérir. »

Patrick Mouratoglou met en avant la mentalité hors norme de l’Italien. « Sinner, c’est Nadal, lâche le technicien. Des mecs qui jouent 100 % des points à 1 000 %, du 1er janvier au 31 décembre. Il faut s’accrocher… »

La canicule pourrait-elle jouer les trouble-fête ?

Ivan Ljubicic, directeur du haut niveau à la FFT, voudrait bien trouver des raisons de croire à un faux pas du boss. Mais il a du mal. « Il a montré quelques difficultés physiquement, il a beaucoup joué, il arrive ici avec beaucoup de pression parce que c’est le seul Grand Chelem qui lui manque, il est le favori absolu, c’est sûr qu’il est fatigué, détaille le Croate. Mais c’est quand même difficile de dire qu’il ne gagnera pas ! »

L’ancien coach de Federer aurait aimé voir le Serbe Medjedovic, l’Espagnol Landaluce ou le Croate Prizmic croiser la route de la tête de série numéro 1 au premier tour. « Parce qu’ils jouent à un très haut niveau, qu’ils sont jeunes et qu’ils n’ont pas peur de gagner des sets ou des matchs, résume-t-il. Après, quand Jannik commence à prendre le rythme au fil des tours, ça devient très compliqué… »

La canicule prévue la première semaine pourrait-elle jouer les trouble-fête sur l’organisme du numéro un mondial, peu à son aise dans la fournaise ? « Bien sûr que son historique en matière de chaleur et de matchs longs ne plaide pas en sa faveur, observe Fabrice Santoro, consultant sur Prime Vidéo. Mais encore faut-il arriver à le faire jouer longtemps… »