Ce dimanche 26 avril, Paul Seixas va se mesurer à Tadej Pogacar pour la deuxième fois de la saison, après les Strade Bianche début mars, sur Liège-Bastogne-Liège. En ce moment, on aimerait bien savoir ce qui se passe sous le casque de Remco Evenepoel (26 ans), à quel point son orgueil et son ego de champion peuvent être touchés. Pourquoi cela ? Justement parce que c’est un champion. Et malgré ce statut, malgré son aura et son charisme incontestables, il est aujourd’hui dans l’ombre du duel Pogacar-Seixas à l’aube de la Doyenne des classiques. Et ce n’est pas la première fois.
Un champion dans l’ombre
Au Tour de France, le Belge est systématiquement relégué derrière Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard. Ses face-à-face avec Pogacar ? Tous perdus, quel que soit le terrain de jeu (classiques, grands Tours, Mondiaux, Europe), là où certains ont récemment réussi à le battre (van Aert, van der Poel, Skjelmose, Vingegaard…). Son titre olympique à Paris ? Sa victoire sur l’Amstel Gold Race la semaine dernière ? Ses triomphes sur Liège-Bastogne-Liège en 2022 et 2023 ? « Ah ouais, mais Pogacar n’était pas là. » L’ingratitude du sport professionnel.
Et la saison où Evenepoel semblait armé pour rivaliser avec le mutant slovène, notamment grâce à une équipe Redbull redoutable, il se fait piquer la place du challenger numéro un par un minot boutonneux de 19 ans qui attire tous les projecteurs, qui bat tous les records de précocité. Le dernier en date, celui sur la Flèche Wallonne, mercredi dernier. Le Lyonnais est devenu le plus jeune coureur à dominer le mur de Huy et ses pentes à 22 %. Il a gravi l’ascension en 2'43", soit trois secondes de mieux que… Pogacar. Et c’était sa première participation. Stupéfiant.
« Je rêve d’un sprint à deux »
L’émergence du phénomène français attise tous les regards. Avec sept victoires depuis le début de saison et le classement général du Tour du Pays basque, l’engouement ne cesse de croître autour du garçon. La plupart du peloton imaginent déjà un duel Pogacar-Seixas dès les premières bosses emblématiques de la Doyenne des classiques, ce dimanche. « Je pense que Paul ne sera pas distancé dans la côte de la Redoute ou dans la Roche aux Faucons. Un sprint à deux ? Je rêve de ça », assurait à Midi Libre le patron du Tour de France, Christian Prudhomme.
« Actuellement, Paul est le troisième meilleur coureur du monde derrière Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard », lançait de son côté le Montpelliérain Stéphane Goubert, directeur sportif chez Groupama-FDJ. Ce qui peut laisser entrevoir l’espoir d’un duel, au-delà des qualités intrinsèques des deux hommes, c’est aussi le collectif. Pogacar manque de rythme (seulement quatre courses disputées) et a une équipe affaiblie par la méforme de son homme à tout faire, Tim Wellens, et les absences d’Isaac Del Toro, Joao Almeida et Jonathan Narvaez. Seixas, lui, a une garde rapprochée en pleine bourre.
« Tadej et moi on a sans doute un peu plus de coffre »
Et Evenepoel dans tout ça ? « C’est le troisième larron », selon Prudhomme. « Seixas et Evenepoel sont les outsiders », parie Alexandre Delettre, puncheur gardois de Total Energies. Le champion belge, lui, ne se démonte pas. « L’effort de Seixas (sur la Flèche) était impressionnant, mais ce sera totalement différent sur une course de 260 kilomètres. Il n’a que 19 ans […] Tadej et moi on a sans doute un peu plus de coffre », soufflait le double champion du monde. Une bataille à trois est attendue, mais avec un regard tout particulier sur le Français. Comme c’était arrivé sur les championnats d’Europe en octobre dernier, où les trois hommes s’étaient déjà expliqués. Bis repetita, dimanche ? Et dans quel ordre, cette fois ?



