À 22 ans, le lanceur gaucher Romain Krzykawiak s'épanouit chez les Boucaniers de La Rochelle, qui comptent sur lui lors du Challenge de France. La compétition débute jeudi 14 mai à 17 heures à Bon-Encontre contre Savigny.
Une passion précoce
La passion de Romain Krzykawiak a tout emporté. À 6 ans, il découvre le baseball. Le virus est inoculé, il va se transmettre à toute la famille et la balle de cuir aux 108 coutures de fil rouge va flécher sa vie. À Châtellerault, tout d'abord, puis à Mont-de-Marsan. Dans la préfecture des Landes, au pays de la pala et du ballon ovale, difficile de trouver un lieu pour pratiquer ce sport américain. Il faut donc forcer le destin. Les premières balles seront frappées sur un ancien terrain de rugby dont le club est en sommeil. « Avec ma famille et des amis, nous avons créé un club de baseball, les Scorpions de Campet-et-Lamolère », se souvient le natif d'Angoulême qui, à 13 ans, était au Pôle Espoir de Bordeaux.
Un parcours prometteur
Son talent le dirige ensuite à Eysines, où il joue en Division 2 à 18 ans. Mais sa réputation déborde vite de la Gironde. « On me disait que je pouvais aller plus haut. Je voulais voir quel était mon niveau, alors j'ai contacté Maxence Esteban, que j'avais connu à Châtellerault, pour effectuer un essai chez les Boucaniers. J'ai intégré l'effectif l'an dernier. » À 21 ans, le lanceur gaucher débarquait à La Rochelle seul, mais pas sans biscuit. Cet ambitieux à tendance anxieuse trouve un cadre simple et tranquille propice à son épanouissement sportif, professionnel et personnel. « Je travaille en boulangerie à Aytré dans un atelier de fabrication. J'ai mon appartement et mon chien, qui me permet de faire des balades, de courir dans les marais ou en bord de mer. »
Romain Krzykawiak a trouvé son équilibre, il est apaisé et sous le charme de la douceur atlantique. « La Rochelle est une ville avec un cadre de vie génial. Il n'y a pas beaucoup mieux en France. C'est une très bonne surprise. Moi qui suis souvent stressé, qui aime être dans ma bulle, je m'amuse, je prends du plaisir et je suis très heureux dans ma vie. »
Lanceur « starter »
La découverte de la D1 s'est faite naturellement. « L'an passé, tout était nouveau. Au début, j'ai ressenti beaucoup de pression. J'ai appris et la fin de saison s'est bien déroulée. » Cette année, Romain a même grimpé un échelon. Lors des premières rencontres, il a été le « starter pitcher », le lanceur qui débute le match avec de grandes responsabilités. « À l'intersaison, j'ai insisté pour gommer mes défauts et renforcer mes qualités avec Wilce Nieves, notre coach des lanceurs. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les jambes font 60 à 70 % de la vitesse d'un lancer. Je ne les utilisais pas assez. J'ai beaucoup travaillé l'explosivité. »
La complicité avec Osuke Hashimoto, le nouveau catcher japonais, s'est vite mise en place. « Ça a de suite matché entre nous. Nous avons une bonne cohésion, nous nous entendons sur les stratégies à adopter. Il est important dans mon bon début de saison. »
Les Bleus dans le viseur
La confiance du staff l'a rassuré. « Il a fait de très gros progrès en bossant plus que les autres, constate le manager Maxence Esteban. Romain profite d'un encadrement de qualité pour se challenger. Il apporte sa bonne humeur et son sérieux, il est à l'écoute des conseils. C'est un bon gars, il a le baseball dans le sang. » Son adaptation au haut niveau a même séduit jusqu'en Pologne. « Leur sélectionneur est aussi le manager du PUC. Il m'a contacté car mes arrières grands-parents étaient Polonais. Mais je n'ai pas le passeport. » Et les Bleus ? « On commence à m'en parler. En fin de saison dernière, le sélectionneur est venu me voir jouer. Je n'ai pas suivi le cursus normal, il ne me connaissait donc pas très bien. J'essaie de ne pas trop y penser pour ne pas stresser. »
Le Challenge de France peut ouvrir les portes de l'Europe
Créé en 2002, le Challenge de France a connu plusieurs évolutions dans son histoire. Désormais, il rassemble les huit meilleures équipes de France évoluant en Division 1, qui se retrouvent sur un format court, en quatre jours et treize rencontres. Avec comme récompense une place en Coupe d'Europe pour le vainqueur. La crème du baseball français a donc rendez-vous à partir de jeudi 14 mai, à Toulouse et Bon-Encontre (Lot-et-Garonne), avec l'objectif de succéder aux Lions de Savigny, vainqueurs en 2025, à Metz. Les Huskies de Rouen sont en tête du palmarès avec dix titres, devant Savigny (4). Présents dans l'élite depuis 2018, les Boucaniers de La Rochelle ont réalisé leur meilleure performance en 2024, avec une demi-finale perdue à Rouen contre les Cometz de Metz, qui furent ensuite battus en finale par Montpellier. La formule façon Coupe de France, qui n'autorise pas le moindre écart ou baisse de concentration, favorise les surprises. L'ogre rouennais ne s'est d'ailleurs imposé qu'une fois lors des six dernières éditions, et Metz, pourtant souvent en difficulté en championnat (aujourd'hui en Division 2), s'est invité deux fois en finale (2024 et 2025), sans jamais lever le trophée. Les Rochelais débutent jeudi 14 mai, à 17 heures, à Bon-Encontre, contre Savigny, qui vient de prendre les commandes de la Division 1 après deux victoires contre le PUC. Le vainqueur de cette confrontation devrait retrouver Rouen, le 15 mai, à 13 h 30, toujours à Bon-Encontre, puisque les Normands débutent contre le PUC. Le promu est en grande difficulté cette saison, avec huit défaites en autant de matchs de D1. La finale se jouera dimanche 17 mai, à 14 heures, à Toulouse.



