Pau FC dévoile sa version sur le litige Diouf et conteste la sanction de la FIFA
Pau FC explique le litige Diouf et conteste la sanction FIFA

Le Pau FC rompt le silence sur l'affaire Diouf et conteste la sanction de la FIFA

Pour la première fois, le Pau FC a exposé publiquement ses arguments concernant le litige lié au transfert de l'attaquant sénégalais Mouhamed Diouf. La FIFA avait condamné le club à payer 150 000 euros d'arriérés de salaire et de dommages et intérêts, une décision que les dirigeants béarnais contestent fermement.

Un transfert international qui tourne au conflit

Au lendemain de la clôture du mercato hivernal, le 2 février dernier, le Pau FC a reçu une interdiction de recruter de la FIFA. Ce litige trouve son origine dans le transfert de Mouhamed Diouf, alors joueur du Dakar Sacré-Cœur en Ligue 1 sénégalaise, aujourd'hui à Espaly en R1.

En janvier 2024, Diouf avait signé un contrat professionnel de quatre saisons et demie avec le Pau FC. Comme c'est souvent le cas dans les transferts internationaux, l'obtention de son titre de séjour était soumise à une condition suspensive. Cependant, le document n'a pas été obtenu avant la date limite d'enregistrement des nouveaux contrats par la Ligue de football professionnel, fixée au 3 février 2024 pour la saison 2023-2024.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La LFP a refusé d'homologuer le contrat a posteriori, conduisant le Pau FC à le considérer comme caduque. De leur côté, le joueur et ses représentants ont estimé que le club devait honorer l'accord, arguant que la demande de titre de séjour était en cours et que les délais administratifs échappaient à leur contrôle. Ils ont donc saisi la FIFA.

Une sanction contestée et des arguments nouveaux

Le 8 décembre, la chambre des litiges de la FIFA a donné raison à Diouf, ordonnant au Pau FC de verser environ 150 000 euros. Les dirigeants béarnais, qui disposaient de 10 jours pour faire appel et de 45 jours supplémentaires pour effectuer le paiement à compter de la notification, n'ont pas réagi, ce qui a conduit à la sanction.

Jusqu'à présent, le club était resté silencieux sur cette affaire. Ce jeudi, le président Bernard Laporte-Fray a levé le voile pour Sud Ouest, détaillant la version paloise des événements.

« Au départ, c'était un joueur qui nous intéressait, on avait une fenêtre de tir. Il fallait absolument qu'il arrive avant la fin du mois de janvier 2025. Or, il n'a pas pu avoir les documents nécessaires pour quitter le territoire. On a longtemps attendu, et avec Luis De Sousa, le directeur sportif, on s'est dit qu'on le récupérerait en juin pour l'année à venir », explique le président.

Il ajoute : « On a reçu un document de la LFP qui stipulait que ça traînait trop, et qu'en l'absence de certaines pièces nécessaires à l'homologation, le contrat était devenu caduc. La Fédération sénégalaise a ensuite donné raison à la Ligue. On était devant le fait accompli. »

Un imbroglio technique autour des notifications

Le président palois révèle également un problème technique crucial : « A partir de là, plus de son, plus d'image ». La gouvernance béarnaise a appris la nature de sa sanction par voie de presse, car elle n'a pas été notifiée officiellement.

Luis De Sousa, le directeur sportif, précise : « Chaque club est rattaché à une adresse mail. L'adresse dont disposait la FIFA était celle avec notre numéro d'affiliation suivi de l'arobase et du préfixe 'lna' (Ligue nationale d'Aquitaine). Avec le changement de dénomination des régions, le suffixe de l'adresse est devenu 'lfna'. Nous n'avons rien reçu de toutes les notifications et mails envoyés nous demandant de nous justifier. Comment voulez-vous qu'on puisse faire valoir notre droit à la défense dans de telles circonstances ? »

Après avoir fait constater cet état de fait par huissier, le Pau FC a dû se renseigner activement sur les détails de sa sanction. Bernard Laporte-Fray témoigne : « Étant donné la difficulté à joindre la FIFA, il a fallu que j'appelle le président de la Fédération pour qu'il intervienne afin de récupérer les documents au plus vite. Cela a été un gros bazar. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

La suite de la procédure et les enjeux pour le club

Désormais informé des tenants et aboutissants, le Pau FC compte « annuler la procédure, puisqu'il y a des erreurs », affirme le directeur sportif. « On a tout ce qu'il faut pour se défendre. La FIFA a bien constaté que nous n'avions jamais rien reçu sur notre espace de référence. »

L'affaire est maintenant entre les mains du Tribunal arbitral du sport, qui réexamine le dossier. Le Pau FC espère ainsi obtenir l'annulation de la sanction. Si les délais devaient empiéter sur la période du mercato estival, le club pourrait être contraint de payer les 150 000 euros réclamés.

En attendant, le Pau FC peut tout de même préparer son recrutement en établissant des contacts avec ses cibles, mais cette affaire souligne les complexités administratives et les défis techniques auxquels les clubs de football doivent faire face dans les transferts internationaux.