L'OM sombre dans la crise après une défaite humiliante à Lorient
Le silence est assourdissant, mais la chute semble interminable. Battu sans gloire à Lorient (2-0) samedi après-midi, l'Olympique de Marseille continue de sombrer dans une spirale négative qui menace désormais ses ambitions européennes. À ce rythme alarmant, les hommes d'Habib Beye pourraient bien connaître une saison blanche sans qualification en Coupe d'Europe, perspective catastrophique tant sur le plan sportif qu'économique pour ce club historique.
La sulfureuse sortie de Mehdi Benatia
Et comme si cette défaite ne suffisait pas, c'est précisément à ce moment que Mehdi Benatia, le directeur sportif démissionnaire que l'actionnaire Frank McCourt a finalement convaincu de rester jusqu'à la fin de la saison, a décidé de sortir la sulfateuse. Dans les couloirs du stade du Moustoir, il a arrosé l'ensemble de l'effectif lors d'une prise de parole de plus de cinq minutes qui restera dans les annales du club et de la Ligue 1.
« Je n'ai pas de problème à ce qu'on me dise que les joueurs que j'ai ramenés, qui étaient très bons en septembre, sont aujourd'hui très mauvais. Pas de problème. Que j'ai ramené un nouveau coach (Habib Beye) qui n'est pas bon non plus, je l'accepte... Mais quand je vois le match qu'on fait aujourd'hui, même si je n'ai pas envie de parler, je suis obligé de venir à la presse, parce que c'est un scandale. C'est un scandale », a-t-il lancé avec une colère palpable.
Le directeur sportif a poursuivi sa diatribe en détaillant les carences observées sur le terrain : « Tu joues Lorient, qui n'a plus rien à jouer, et tu ne gagnes pas un duel, tu n'as pas une course vers l'avant, tu n'es pas entreprenant, tu ne tentes rien... Tu les regardes et, dans le stade, ils font la ola parce qu'ils te font un petit pont, crochet... Eh oui, c'est ça, la vérité », a-t-il asséné, le regard noir.
Des joueurs déjà mentalement absents ?
Mais cette première salve n'était qu'un avant-goût de ce qui allait suivre. Benatia a ensuite soupçonné publiquement ses joueurs d'avoir déjà la tête à leurs futurs projets, lesquels s'écriront pour beaucoup très loin de Marseille dans les mois à venir.
« Quand tu rentres ici, que tu as cinq finales à jouer pour un objectif de Ligue des champions, ça doit se voir, sauf que ça ne se voit pas », a-t-il déclaré avant de s'adresser directement à un journaliste présent : « À ton avis, combien sont rentrés dans le vestiaire et ont retourné la table ? Zéro, personne. Tout est nickel, les bouteilles sont bien en place, tout ça. Donc en fait, tu joues à l'Olympique de Marseille, tu fais un match comme ça et tu l'acceptes ? »
Le directeur sportif a été encore plus explicite concernant l'état d'esprit de certains éléments : « Il y en a certains qui partiront, parce qu'ils ont la Coupe du monde, qu'ils ont déjà un club... Et puis dans deux mois, on se dira : 'Ah, putain, il est bon lui en fait !' Mais ici, par contre, tu n'as pas fait les efforts. C'est ça qui est plus grave ».
Un film d'horreur qui se confirme
Ce n'est pas la première fois que Mehdi Benatia s'exprime de manière aussi forte et aussi longue cette saison, preuve tangible que peu de choses fonctionnent dans ce club ces derniers mois. La dernière sortie similaire remontait à la fin septembre, après l'altercation entre Adrien Rabiot et Jonathan Rowe, à une époque où Roberto De Zerbi était encore l'entraîneur et Pablo Longoria le président.
Depuis, au compte-gouttes, les deux hommes forts du début de saison sont partis, mais les problèmes, eux, sont restés bien ancrés. Déjà à ce moment de la saison, on se demandait si la campagne de l'OM pouvait carrément tourner au film d'horreur. Il faut croire que cette intuition était prémonitoire.
Des mesures radicales annoncées
Face à cette situation critique, Benatia a annoncé des mesures radicales pour les semaines à venir : « Donc je leur ai dit de ne rien prévoir pour les quatre prochaines semaines. On va passer un peu plus de temps ensemble, à la Commanderie. [...] Passer le matin, l'après-midi, on va bosser, avec une bonne sieste au milieu. Et on va travailler ».
Il a précisé sa pensée : « Si les joueurs pensent que quelqu'un du club a lâché, on va leur montrer qu'on est prêts à passer toutes les journées à la Commanderie. Il y a des gens qui arrivent tous les jours à 7 heures au boulot et qui ne gagnent pas ce qu'on gagne. Si, pour booster le truc, ça fait du bien de passer du temps ensemble, on va le faire ».
Reste désormais à savoir si cette prise de parole historique aura l'effet escompté sur les joueurs ou si, au contraire, elle marquera une rupture définitive entre la direction et l'effectif. Habib Beye et son staff auront rapidement l'occasion de le vérifier, puisque Mehdi Benatia a prévenu : le groupe va passer beaucoup plus de temps ensemble jusqu'à la fin de la saison pour tenter de sauver ce qui peut encore l'être.



