Entre ombre et lumière, l'OGC Nice a vécu une finale de Coupe de France intense, balancée entre la satisfaction d'avoir offert une belle prestation et la désillusion de la défaite. Les Aiglons ont passé deux jours intenses en région parisienne, mêlés de bonnes et de mauvaises surprises.
Les larmes de Dante et la mission des trois matchs
« Ça me ferait très mal de partir en retraite en Ligue 2, ce n’est pas imaginable. » Les larmes aux yeux, Dante voulait déjà se projeter sur les deux prochaines finales du Gym en quittant le Stade de France sous les caméras de France 2. « On a vu un esprit d’équipe, il faudra s’en servir pour les deux prochains matchs, qui sont capitaux. » Contrairement à 2022, le Gym n'a pas raté sa finale, preuve que le discours de veille de match du capitaine brésilien a été entendu. Lancé dans une mission de trois matchs, Dante a regroupé ses coéquipiers jeudi soir : « Arrêtons de jouer avec la peur », « profitons de cette chance d’être en finale », « rendons fiers nos supporters dans une saison difficile ». Le taulier du vestiaire a senti le groupe réceptif.
L'état d'esprit, l'allant offensif et Djibril Coulibaly pour satisfactions
« On a fait une très bonne entame, elle était mieux réussie que celle de Lens », a apprécié Claude Puel. « L’ouverture du score est cruelle, on avait eu les meilleures initiatives jusque-là, avec de l’impact et de la qualité dans le jeu. » En titularisant Djibril Coulibaly, 17 ans, à la place de Sanson, le coach niçois a suscité la surprise générale. Mais il avait soigné son plan : « Face à une équipe très dense physiquement, je voulais donner à la nôtre la capacité de répondre. Djibril l’a fait, c’est un gamin qui est aussi très intéressant avec le ballon. C’est un vrai espoir pour l’OGC Nice. » Avant la réduction de l’écart du gamin, Diop aurait pu ouvrir la marque (21’, 45+2) sans les arrêts de Risser, et Wahi aurait dû le faire à six mètres d’un but grand ouvert (14’). Une maladresse qui laisse d’autant plus de regrets que plus tard, la poisse a empêché Mendy et Carlos de marquer (61’, 84’). « La différence s’est faite parce qu’on n’a pas été assez clinique, les Lensois l’ont été », a résumé Claude Puel.
Des Aiglons plombés par leurs erreurs
Contrairement à la demi-finale à Strasbourg, Maxime Dupé n’a pas réussi l’arrêt qui aurait pu faire basculer le match. Les erreurs tour à tour de Clauss, Boudaoui et Dante l’ont exposé, la naïveté des jeunes Oppong (21 ans) et Mendy (22 ans le 27 mai) ne l’a pas assez protégé. Tous les deux auteurs d’un bon match, ils n’ont pas réussi la partie parfaite : le premier se laisse surprendre par une légère poussette d’Edouard sur le 2-0, le second aurait pu anticiper la couverture pour empêcher Sima d’inscrire le troisième but. Tout sourire au côté du président Macron au coup d’envoi, Jean-Pierre Rivère a donc perdu sa 2e finale en quatre ans, en 20 ans pour Maurice Cohen après la Coupe de la Ligue 2006. Le conseiller spécial d’Eric Ciotti croyait pourtant dur comme fer en un succès, quitte à s’appuyer sur des prophéties et signes mystiques qui lui assuraient de ramener la coupe sur la Promenade des Anglais.
« On n’en serait pas là si on avait plus souvent joué ainsi »
C’était plutôt soupe à la grimace pour la délégation azuréenne lors de la réception organisée à côté du Stade de France après la cérémonie des médailles. L’OGC Nice n’aura pas de titre cette saison, ni de qualification européenne, ce qui n’est peut-être pas une mauvaise nouvelle pour un club qui aurait dû s’exonérer de plusieurs centaines de milliers d’euros en primes, sans compter les salaires qui passaient en « grille Europe » pour la saison prochaine. Cela aurait pu être fatal en cas de relégation en Ligue 2. Certes, soulever le trophée aurait été le meilleur moyen de lancer une dynamique positive avant Saint-Étienne, mais le contenu incitait au positivisme : « On n’en serait pas là si on avait plus souvent joué ainsi », confiait un membre du vestiaire, comme le soutien du public niçois au Stade de France. Si 150 hooligans ont terni la réputation du club jeudi, cent fois plus de supporters rouge et noir ont suscité l’admiration pour leur prestation vocale et leur animation du virage dans un stade Sang et Or. Après avoir relevé ses partenaires un à un, Elye Wahi a mené Dante et ses coéquipiers à leur rencontre. « Sauvez le club, on est derrière vous », auraient-ils entendu. Un message d’adieu positif entre deux parties qui ne se reverront plus dans les stades cette saison.



