Laurent Nicollin, président du MHSC, envisage de céder le contrôle face à la crise financière
À l'aube d'une fin de saison cruciale en Ligue 2, Laurent Nicollin, président du Montpellier Hérault SC, s'est livré avec une rare franchise. Il ne cache ni sa lassitude ni ses réflexions sur l'avenir du club, évoquant la possibilité de passer la main si des investisseurs finalisent leur engagement dans les prochaines semaines.
Une descente en Ligue 2 qui laisse des traces profondes
La relégation de la saison passée a été un coup dur, tant sur le plan physique que mental. "J'ai perdu 12 kg, vous ne l'avez pas vu", confie-t-il avec une pointe d'ironie. Tourner la page ? "Non, prendre du plaisir, non. J'en prends un peu plus parce qu'on gagne des matches." Il admet ne pas être à 100% de ses capacités pour accompagner son équipe, se forçant à continuer malgré tout. "Je sens par moments que je ne suis pas comme j'étais il y a quelques années."
Les causes de cette fatigue sont multiples : l'âge (53 ans), la descente sportive, le décès de proches, le comportement de certaines personnes, et le 50e anniversaire du club. Mais surtout, la chute des droits télévisés a créé une pression financière insoutenable. "Quand une année tu as 30 millions, la saison d'après 10, puis 5, c'est compliqué." Cette réalité économique est un tsunami pour un club comme Montpellier, qui ne dispose pas d'un large public, de sponsors nombreux ou d'une région riche.
Une crise financière qui oblige à des choix radicaux
Les droits TV sont passés de 6,5 millions d'euros avec une prime de relégation à seulement 2,5 millions prévus pour la saison prochaine. "On va débuter la saison prochaine avec moins 4 M€." Pour équilibrer les comptes, des ventes de joueurs pourraient être nécessaires. "Peut-être qu'en juin ou juillet, on sera obligés de nous séparer de deux ou trois titulaires."
Face à cette situation, le club a choisi d'ouvrir son capital et de confier le dossier à une banque d'affaires, Case Cassiopea. La recherche d'investisseurs avance lentement, avec quatre ou cinq retours de potentiels partenaires. "Mi-mai, on devrait y voir un peu plus clair et avoir des offres concrètes." Un investisseur doit même se rendre au club la semaine prochaine pour évaluer la situation.
Prêt à lâcher le contrôle pour la pérennité du club
Laurent Nicollin se dit prêt à céder le contrôle du MHSC si cela permet de sauver l'entreprise. "Tout dépendra de ce que le partenaire peut apporter. L'important, c'est la pérennité du club." Il insiste sur le fait que ni lui ni son frère Olivier ne sont irremplaçables. "Personne n'est irremplaçable, ni ne détient les clés de la vérité."
La question du stade reste un point sensible. L'absence de nouveau stade et la baisse des droits TV coûtent entre 10 et 20 millions d'euros par an au club. "La seule chose qui me tenait à cœur et me boostait, c'était le stade." Une visite à Strasbourg pour un match l'a particulièrement marqué, lui rappelant ce que Montpellier aurait pu avoir.
Une passion familiale mise à l'épreuve
Le MHSC est une création familiale, initiée par leur père Louis Nicollin. "C'est notre club, notre ADN. Une passion." Mais face aux réalités financières, les frères Nicollin doivent faire des choix difficiles. "On ne veut pas conduire le club à la faillite." L'ouverture du capital, bien que nécessaire, est vécue comme une perte de contrôle. "On aurait préféré que cela se fasse par le biais de sponsors, de gens que l'on connaît."
En conclusion, Laurent Nicollin résume sa position : "S'il faut lâcher la barre, je la lâcherai." Il préfère voir le club prospérer sans lui plutôt que de le mener à sa perte par attachement personnel. L'avenir du MHSC se jouera dans les prochaines semaines, avec des décisions cruciales pour sa survie financière et sportive.



