Le lutteur niçois Zelimkhan Khadjiev, quadruple médaillé européen, pourrait bien changer de discipline. Déjà triple médaillé d’argent européen en 2018, 2019 et 2025, il a récemment décroché un quatrième podium continental en Albanie, cette fois en bronze. Personne ne l’avait encore fait, mais il envisage désormais de basculer dans le MMA.
Un record européen pour le lutteur niçois
Le combattant de 31 ans est revenu de Tirana avec une quatrième breloque dans ses bagages. Après trois médailles d’argent, il a cette fois obtenu le bronze. « C’est nouveau. Avant, je finissais deuxième et sur une défaite. Là, j’ai fini sur une victoire et j’en suis heureux », s’amuse l’Azuréen, qui a ferraillé malgré des vomissements et une forme fragilisée. « Concernant le record, c’est beau, ajoute-t-il. J’ai tout donné depuis mon retour de suspension pour mettre la barre haut et que les jeunes aient un objectif à atteindre. »
Un avenir incertain entre lutte et MMA
Pour le lutteur d’origine tchétchène, arrivé en France avec sa famille à l’âge de 10 ans et qui rêvait d’offrir une médaille à son pays d’accueil, ce résultat aurait dû être un tremplin à deux ans des Jeux de Los Angeles. Il pourrait plutôt sonner ses adieux à sa discipline de cœur. Le champion du monde Juniors 2014 ne s’alignera pas le 23 mai aux championnats de France à Paris et s’interroge sur la suite. Sa carrière pourrait basculer au cours de l’été. « C’est là que je déciderai, dit-il, alors qu’il s’octroie quelques mois de vacances. J’ai envie de faire du MMA. Rien n’est acté mais je réfléchis beaucoup en ce moment. J’ai l’impression d’avoir fait le tour de la lutte et je n’ai pas envie d’user les années qu’il me reste ni mes compétences en continuant sa pratique. Ma carrière ne va pas durer longtemps, je pense être au top encore six ans max et j’ai envie d’essayer autre chose pour être comblé. Je veux finir sans regret. La médaille olympique, j’ai tenté de l’avoir mais je n’ai pas réussi. »
Un entraînement avec le coach de Benoît Saint-Denis
Le Mixed Martial Art n’est pas une lubie. Il a pratiqué la discipline à Paris pendant sa suspension. Cela lui avait permis de s’entretenir et d’éclaircir un horizon sportif très sombre. Il s’y voit aussi un avenir professionnel. « J’aurai beaucoup plus d’options que dans la lutte. Je pourrai travailler comme entraîneur ou manager. Si je ne me lance pas prochainement dans le MMA, je serai trop vieux après. Je dois prendre le train maintenant, gagner de l’argent pour l’investir plus tard. » Dans son entreprise, il peut compter sur Nicolas Ott, l’entraîneur de la star Benoît Saint-Denis qui le coache près de Rungis.
La Fédération respecte son choix
Sa Fédération aimerait pouvoir compter sur l’un de ses potentiels médaillables aux JO, forcément, mais elle respectera son choix. « Elle est au courant de ce que je fais et les entraîneurs nationaux comprennent, assure le pensionnaire de l’INSEP. J’ai beaucoup donné pour la lutte et ils ne peuvent rien me dire. Ils me suivent dans ma décision et veulent juste que je sois heureux. » Épanoui, Khadjiev l’est. Reste à savoir où il continuera de l’être.
Il a été suspendu quatre ans pour dopage en 2020, à la suite d’un contrôle positif à la trimétazidine. Il a toujours nié l’avoir consommée sciemment. Elle était présente dans un médicament absorbé pour soulager des douleurs aux jambes.



