Sur un nuage lors de ses six premiers mois sur le Rocher, Mika Biereth est davantage en retrait cette saison, dans l’ombre d’un Folarin Balogun qui enchaîne les buts. Dimanche, contre Auxerre, l’attaquant international danois n’a joué que deux minutes alors que l’AS Monaco cherchait la victoire. Avant le déplacement à Toulouse en championnat, ce samedi 25 avril (21h05), on a tenté de comprendre le déclassement du buteur de 23 ans.
Un temps de jeu en chute libre
Moins de dix minutes de jeu en moyenne : depuis sa dernière titularisation, le 5 février à Strasbourg où il avait marqué malgré l’élimination de l’ASM en huitièmes de finale de la Coupe de France (3-1), Mika Biereth n’a plus grand-chose à se mettre sous la dent. Dimanche, contre Auxerre, l’international danois (9 capes, 1 but) n’a joué que deux minutes dans un match qui aurait pu profiter à ses qualités d’attaquant de surface. Face à l’AJA, alors que le score était de 2-2, Monaco poussait fort pour arracher la victoire contre des Bourguignons acculés sur leur but. Il n’y avait plus vraiment de profondeur à exploiter pour le numéro 9 titulaire Folarin Balogun et on aurait pu s’attendre à voir le Scandinave entrer plus tôt. Sébastien Pocognoli a lu les événements d’une manière différente.
« Tout est discutable, c’est ce qui fait la beauté du football, a répondu hier l’entraîneur rouge et blanc, sans aller dans le détail. Faire entrer un joueur à telle minute et pas un autre, c’est une sensibilité, c’est lié à la prestation du joueur qui joue à cette position-là, de la dynamique de l’équipe, des espaces laissés par l’adversaire. »
La confiance aveugle en Balogun
Sa volonté de miser sur Balogun quasiment jusqu’au bout n’a rien d’une folie, évidemment. Le Belge a une confiance aveugle en son meilleur buteur et il serait difficile de ne pas lui accorder tant l’Américain est en feu cette saison. Toutes compétitions confondues, le New-Yorkais a enquillé dix-huit buts et dix-sept depuis l’arrivée du Liégeois mi-octobre. Son profil d’avant-centre puissant, rapide et capable d’exploiter la profondeur sied davantage à la philosophie de Pocognoli, adepte d’un schéma à une pointe, avec un football vertical et proactif.
« Pour moi, le plus important, c’est à quelle intensité on fait tous les mouvements. J’ai besoin de joueurs qui ont certaines spécificités à son poste. Ces dernières semaines, Mika revient au niveau d’intensité qu’on attend de lui à l’entraînement. C’est ce qui lui manquait un peu auparavant », a décrypté le technicien. Selon nos informations, le Wallon a partagé sa vision à Biereth quelques jours après son arrivée, dans une discussion entre hommes.
Le départ d'Embolo et la blessure de Minamino
L’entourage du Danois valide ces justifications techniques et tactiques pour analyser les difficultés actuelles, mais pointe aussi le départ de Breel Embolo l’été dernier. Le Suisse était un ami du natif de Londres, sur et en dehors du terrain. Le perdre lui a coûté et il ne cache pas en privé que son pote lui manque. Quand ce dernier monopolisait l’attention des défenseurs avec son jeu dos au but, Biereth pouvait utiliser les espaces qu’il libérait. Aujourd’hui, seul en pointe, il doit davantage se débrouiller. D’autant que Takumi Minamino s’est rompu les ligaments croisés du genou en décembre, alors que le Japonais était un autre élément avec lequel il aimait combiner.
Adi Hütter avait tenté d’associer le Scandinave à Balogun en début de saison, dans un 4-4-2 à plat, mais la connexion entre les deux hommes n’avait pas été criante. L’Autrichien lui demandait de décrocher et l’éloignait de la surface, ce qui faisait ressortir la perfectibilité de son jeu dos au but. L’ancien du Sturm Graz a bien inscrit un doublé aux côtés de l’Américain, fin décembre à Auxerre en Coupe (1-2), mais Akliouche évoluait alors en numéro 10 dans un 4-4-2 losange, ce qui avait changé beaucoup de choses dans l’animation. Hélas pour Biereth, Pocognoli avait vite précisé que c’était « lié à la Coupe et au fait qu’Auxerre avait des absents. » Cette animation exposait aussi son équipe et dépendait des milieux à sa disposition. « Les associer n’a pas toujours été vers ce qu’on voulait créer », a résumé hier l’entraîneur.
Un avenir incertain malgré un état d'esprit positif
Prolongé l’été dernier malgré une offre anglaise de 30 millions d’euros formulée à l’ASM, l’attaquant de 23 ans a connu un sérieux coup d’arrêt dans sa jeune carrière. Auteur de treize buts et trois passes lors de ses dix-neuf premiers matchs avec Monaco, dans six mois traversés en lévitation, Biereth se sent-il capable de rallumer la lumière ? « Il est ultra-positif et il se bagarre à l’entraînement, jure son entourage. Il est irréprochable. Il a envie de jouer, évidemment, mais il n’est pas fâché ou négatif. Ce n’est pas le mec qui boude, il est encore à fond dedans. » Pocognoli a confirmé hier.
Cette positivité n’empêchera pas de reconsidérer les choses cet été, si le coach lui assure qu’il ne compte pas sur lui. Sa cote reste élevée et, selon nos informations, un grand club portugais dont le nom n’a pas filtré a manifesté son intérêt cet hiver. Des clubs italiens aussi et il n’y a aucune raison que ce ne soit pas encore le cas au prochain mercato. L’Angleterre ne l’a pas oublié non plus. Acheté treize millions d’euros à Graz en janvier 2025, l’ancien Gunner en vaudrait aujourd’hui dix-huit selon le site spécialisé Transfermarkt. À l’ASM, on explique compter sur lui à long terme, sauf offre déraisonnable. On met en avant sa jeunesse et on cherche à le remettre en selle. « On croit en lui, murmure-t-on. Il peut le faire. Il possède une qualité très très rare dans la finition. Elle est difficile à trouver. »



