Petit poucet du groupe et auteur d'une phase retour de haut vol, le club morbihannais de Locminé reçoit La Roche-sur-Yon samedi en arbitre de la course à la montée. Son entraîneur, Jacques Pichard, assure que ses joueurs seront mobilisés.
Un rôle d'arbitre inattendu
C'était le 4 avril, après le succès des Girondins à Locminé (1-2). Dans le bureau du club house du stade du Pigeon Blanc, l'entraîneur morbihannais Jacques Pichard avait chaleureusement échangé avec son homologue Rio Mavuba, tout juste nommé. Ils ne savaient alors pas qu'ils seraient alliés de circonstances, samedi prochain pour la dernière journée de National 2 : pour espérer monter en Ligue 3, les Girondins devront espérer que la « Saint-Co » ne perde pas contre La Roche-sur-Yon. Jacques Pichard, également en charge du partenariat au club, l'assure : son équipe, 10e et auteur d'une phase retour de haut vol (une seule défaite, contre les Girondins), jouera le jeu.
Un état d'esprit inchangé
Interrogé sur l'état d'esprit avant ce dernier match, Pichard déclare : « On ne changera pas d'attitude et d'état d'esprit. Quand on rentre sur un terrain, c'est pour gagner. On a envie de donner des sourires et du plaisir à tous les gens qui nous entourent au quotidien. Le National 2 est un championnat très long, très difficile, qui demande beaucoup d'investissement aux joueurs, aux dirigeants, aux bénévoles, aux partenaires. On se doit de bien finir pour être à la hauteur de l'image qu'on développe depuis plusieurs années. On est un patelin de 5 000 habitants, et on est fier qu'aujourd'hui Locminé soit reconnu en Bretagne et en France. En Aquitaine, je pense qu'aujourd'hui tout le monde sait qui est la Saint-Co. C'est une bonne chose pour nous. »
Mobilisation malgré l'absence d'enjeu
Au bout d'une saison aussi longue, comment fait-on pour garder ses joueurs mobilisés alors qu'il n'y a plus d'enjeu ? Pichard répond : « On se connaît très bien. On passe beaucoup de temps ensemble, le groupe est très soudé même en dehors du terrain. Ils organisent souvent des soirées - tranquilles, les soirées (sourire) -, se retrouvent au club house pour regarder les matchs de Ligue des Champions. Je sais qu'ils ont envie de bien terminer. La saison dernière, on a eu la chance que ce soit contre les Girondins. Il y avait un engouement. Là, on accueille le leader avec un enjeu. C'est une chance. Si on fait le même match que contre Bordeaux la saison dernière, on les embêtera. On a envie de montrer qu'on mérite d'être en N2 et que notre parcours retour ne doit rien au hasard. Fin 2025, tout le monde nous voyait au fond du trou. C'est la preuve qu'avec de la stabilité, l'envie de trouver des solutions en interne, on peut y arriver. »
Des regrets ? Non, de l'ambition
Locminé est 4e sur l'année 2026. Cela donne presque des regrets ? « Non. Il faut garder les pieds sur terre : on n'a pas les mêmes moyens que les autres. Dans notre poule, ceux qui sont devant sont des clubs installés, qui aspirent à rejoindre la Ligue 3 professionnelle car ils fonctionnent déjà comme des professionnels. Il n'y a plus que deux clubs qui s'entraînent le soir, avec un staff et des joueurs qui, pour la majorité, travaillent la journée : nous et Saumur (Locminé ne compte que trois contrats fédéraux, à temps partiel, NDLR). On va par étapes. On a déjà doublé notre budget en 5 ans, mais on veut continuer à respecter nos valeurs, notre ADN basé sur un certain état d'esprit. Ce qui n'empêche pas l'ambition. »
Le déclic après un début de saison difficile
Locminé était dernier le 6 décembre avec un seul succès et 8 défaites en 12 matchs. Que s'est-il passé après ? « Je vais remonter au début de la saison. On a eu des départs, prévus et non prévus, certains début juillet. Les bons joueurs, on les connaît, mais ils ne font pas de Locminé leur priorité. Ça a pris du temps. Notre départ n'a pas été mauvais, mais nos adversaires ont été plus efficaces. On a perdu 1-0, 2-1... Le moral n'était pas atteint et on a eu la chance de faire un bon parcours en Coupe de France. On a joué au 7e tour contre Guingamp (Ligue 2). On a changé deux-trois choses et on a fait un match exceptionnel (1-2). On s'est dit : « on a quand même quelque chose ». Et le dernier match avant la trêve en décembre, on fait une grosse performance contre Saint-Malo (1-0). C'est là le basculement. »
Une défense resserrée
Locminé n'a encaissé que 9 buts sur les 15 derniers matchs. Avez-vous resserré défensivement aussi ? « On a demandé un peu plus à chacun quelle que soit l'organisation. Ce sont des réglages au quotidien pour gagner le dixième de seconde qui fait la différence. On a gagné en maturité. Là où on doit continuer à progresser, c'est la justesse technique, pour mieux gérer les temps forts, les temps faibles, avoir des phases de conservation. »
Un avertissement avant le match décisif
Samedi à Poitiers (1-1), Locminé a fait des « offrandes ». Est-ce la déconcentration de fin de saison ? « On avait modifié des choses pour donner du temps de jeu à certains, faire des tests. Poitiers a démarré fort sans nous mettre en danger. Inconsciemment, on s'est dit que ça allait passer. C'est sûr que si La Roche-sur-Yon regarde ce match, ils vont venir en chausson. Quelque part c'est bien pour nous, car c'est un avertissement. On va proposer autre chose. »
Des supporters bordelais reconnaissants
Sur les réseaux sociaux, des supporters bordelais proposent le plein de cannelés ou de vin si Locminé ne perd pas. Pichard rigole : « Dans le car au retour de Poitiers samedi, j'étais avec le chargé de communication du club. C'est impressionnant le nombre de messages qu'on a reçus. Ma fille vit à Gujan-Mestras, j'ai des copains vignerons qui m'ont dit : « il faut que tu fasses monter les Girondins. » On reste à notre place, un match est un match et on verra ce qui arrivera. Mais c'est sympa, il y avait quand même des propositions intéressantes (rires) ! »



