La Rochelle s'impose au Racing 92 et relance la course au top 6
La Rochelle domine le Racing 92 et relance la course au top 6

Un exploit historique pour les Jaune et Noir

Les Jaune et Noir ont réussi à faire chuter le Racing au prix d'un match superbe de courage et d'ambitions, ce dimanche (24-26). Ils sont toujours en course pour le top 6. Il fallait un double exploit rochelais pour espérer croire encore au top 6 : s'imposer à l'Arena du Racing 92, jamais tombée cette année, et où les Maritimes ne s'étaient jamais imposés dans leur histoire. C'est pourtant au cours d'une de leurs saisons les plus ratées qu'ils y sont parvenus, ce dimanche, à l'issue d'une partie à suspense (24-26).

Longtemps supérieure, La Rochelle s'est fait peur, jusqu'à un ultime ballon perdu dans les 22 mètres adverses finalement devenu un drop raté par Ugo Seunes. Mais elle a gagné, ce qui était indispensable après les autres résultats du week-end. La Caravelle est donc encore à flots, et s'est rapprochée du Racing dans la course à la phase finale, revenue à trois points des joueurs de Patrice Collazo. Bien sûr, l'UBB (6e) reste à six longueurs, mais enfin, les Stadistes font ce qu'il faut pour y croire jusqu'au bout, eux qui gagnent un quatrième match à l'extérieur cette saison et qui recevront Toulouse et Paris, sans oublier un déplacement à Montauban. Ils ont le jeu et la dynamique pour rêver.

Un premier acte séduisant

Dans ce véritable match de play-off, capital pour les Franciliens, éliminatoire pour les Jaune et Noir, il n'y a pas que le drone – une innovation en Top 14 – qui survole le premier acte. Les Rochelais sont déchaînés – possédés, disait en son temps Romain Sazy – et surtout affamés de ballon. Contrairement aux joueurs de Patrice Collazo, ils multiplient les passes (93 à 34 à la pause, près de 70 % d'occupation), en particulier debout avec quantité de offloads, les jeux au pied longs, des « chasses » efficaces et des plaquages saignants. S'ils avaient pu mettre la même intensité toute la saison, ils ne seraient pas dans cette situation au classement.

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Au-delà de ça, le problème est que, comme trop souvent cette année, ils peinent à convertir en points tous ces mouvements intéressants, pas assez efficaces aux abords de l'en-but francilien, comme sur un premier long temps de jeu. Et, comme trop souvent, les Jaune et Noir offrent des points trop facilement, à l'image d'une première pénalité pour un hors-jeu évitable (3-0, 7e), d'une protection illicite sur un coup d'envoi ciel et blanc qui permet à un groupé pénétrant dévastateur d'égaliser (10-10, 20e). Le souci se confirme sur les phases statiques, puisqu'une mêlée offre trois nouveaux points gratuits au Racing après la sirène (13-17, 40e+2).

Le Racing vit d'expédients

Pour autant, et c'est quelque chose qu'il faudra faire fructifier la saison prochaine, quel que soit le classement final en juin, La Rochelle dispose de jeunes atouts séduisants et d'un jeu ambitieux qui l'est tout autant quand ils parviennent à évoluer ensemble. Nolann Le Garrec en est un. Après plus de 100 matchs et cinq saisons dans les Hauts-de-Seine, il se rappelle au bon souvenir de l'Arena après un essai – le 5e en trois matchs – bien senti, à la conclusion d'un joli mouvement (3-10, 16e).

Oscar Jegou est un autre international en forme. Lui aussi convertit une action de classe (10-17, 32e), où Dillyn Leyds (sorti blessé dans la foulée) et Semi Lagivala se manifestent, qui permet aux Maritimes de continuer à faire la course en tête. Mais il ne faut pas oublier les plus vieux comme Tolu Latu et Judicaël Cancoriet, sur le départ mais bien présents sur le synthétique de l'Arena, contre un Racing qui ne vit que d'expédients, certes, mais qui profite de ces erreurs pour n'avoir que quatre points de retard.

Alors qu'il est à la faute d'entrée, il encaisse une pénalité lointaine (13-20, 46e) de Davit Niniashvili, qui prouve qu'il n'est pas qu'un feu follet de classe internationale. Remplacé, Ulupano Seuteni paie immédiatement une erreur sur une action d'essai, tandis que Matthias Haddad-Victor sort sur une civière, avec une minerve, après avoir durement heurté le sol (48e), peut-être encore commotionné.

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Et puis, la discipline stadiste ne va pas mieux (16-23, 54e, 19-23, 62e) alors que la mêlée souffre, malgré une éclaircie à la 49e (13-23). De quoi faire tourner le vent, dans une salle qui en est pourtant dépourvue. D'autant que l'arbitre, malgré lui, stoppe une action de Niniashvili. Et ce qui doit arriver arrive, Selesitino Ravutaumada redonne aux siens un avantage un peu miraculeux (24-23, 66e). La Rochelle a des crampes, mais sur une première possession depuis longtemps, pousse le Racing à la faute (24-26, 74e).

Quand Ihaia West trouve un joli 50-22 à cinq minutes de la fin, les cœurs battent fort dans les tribunes, la Caravelle ne fait pas encore chavirer les Ciel et Blanc, sous pression dans leurs 22 mètres, mais qui sauvent l'essai (79e). Sauf que le renvoi d'en-but est perdu et que Léo Carbonneau s'échappe. Mais Ugo Seunes rate le drop (80e+1). La Rochelle est encore en vie, et avec quelle santé !

Les notes

  • 8/10 : Le Garrec, Latu, Cancoriet, Niniashvili, Hastoy
  • 7/10 : Lagivala, Jegou, West, Alldritt, Leyds
  • 6/10 : Kante Samba, Haddad-Victor, Kaddouri, Kuntelia
  • 5/10 : Seuteni