Joe Simmonds de retour : le maestro anglais prêt à enflammer le Top 14
Joe Simmonds : le retour du maestro anglais en Top 14

Ce samedi au Stade Français, l'ouvreur anglais de 29 ans Joe Simmonds connaîtra sa première titularisation depuis le 18 octobre. Malgré le bon intérim d'Axel Desperes, le dépositaire du jeu de la Section Paloise offre plus d'options offensives à son équipe.

Un retour attendu

L'intérim d'Axel Desperes, sa doublure au poste, a rendu son retour moins pressant. Il n'empêche, quand Simmonds fait du Simmonds, on touche au tout haut du panier, chez les ouvreurs de Top 14. Dès sa rentrée, à la mi-temps, à Jean-Dauger (22-54), le natif de Torquay (Angleterre) a très vite dégrippé le jeu offensif béarnais.

« C'est ce côté instinctif, cette capacité à décider très rapidement, à lire les espaces, qui a donné de la valeur à sa prestation », juge l'entraîneur de l'attaque paloise Geoffrey Lanne-Petit. « Il a amené cette insouciance, en prenant l'initiative, en portant le ballon, en jouant beaucoup plus haut sur la ligne d'avantage, tout en respectant notre ligne collective et le rythme qu'on veut donner. Ce qui m'a marqué, c'est que les choses sont plus fluides quand il est à la mène de la ligne d'attaque. »

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Son 100 % au pied dans le Pays basque confère un relief supplémentaire au come-back de l'ouvreur de 29 ans. « Pour un match de reprise, avec quelques transformations du bord de touche, notamment à la 80e malgré l'euphorie du bonus offensif… Ça témoigne de cette culture de l'excellence, louange « GLP ». De cette nécessité d'être toujours au top. »

Une blessure difficile

Malgré une lésion au mollet assortie d'une rechute l'ayant éloigné des terrains entre les 7e (face à Toulouse le 18 octobre) et 19e journées, Joe Simmonds a très vite renoué avec son niveau de performance. « Ça fait du bien, d'autant qu'au moment où il se déchire, il a tellement mal qu'on a l'impression qu'un sniper le foudroie », recontextualise le manager Sébastien Piqueronies. « C'était une blessure lourde, à laquelle il n'était pas habitué. Mais Joe est tellement dur et exigeant avec lui-même qu'il a voulu reprendre vite. Il a rechuté au moment où l'on s'y attendait le moins. Il avait très bien travaillé, on le sentait prêt. C'est toujours un drame dans ces cas-là, on a d'ailleurs régulé beaucoup de choses suite à cet épisode. Puis Joe a pris deux fois plus de temps pour revenir fort. »

Et a donc doublement rongé son frein. « Cela a été dur, long et éprouvant pour lui. C'est pour ça que ça me remplit de joie de le revoir avec la banane. »

Un joueur d'exception

« Joe n'est pas Jalibert, c'est un joueur qui s'adapte au collectif plus que le contraire », souligne Geoffrey Lanne-Petit. « J'ai senti qu'il y avait énormément de frustration et de tristesse d'être loin aussi longtemps, de rechuter. Je n'ai même pas été le chercher sur l'approche tactique et stratégique de match, afin qu'il m'accompagne, qu'il garde un peu le pied à l'étrier. Je ne l'ai pas senti hyper réceptif et enjoué vis-à-vis de ça. Il avait envie de rester dans son coin et de prendre son mal en patience, en s'aérant un peu différemment. »

Pour autant, cette absence a moins influé sur la courbe de performance paloise que sur le moral de l'ouvreur. « Cela signifie que le jeu de l'équipe s'est consolidé, s'est densifié en termes de repères qui, justement, permettent à Joe de rentrer facilement dans cette équipe, interprète Sébastien Piqueronies. Donc ça valorise la perf de Joe, mais aussi la construction de l'équipe lorsqu'il n'était pas là. »

Même si dans l'animation, la Section ne disposait pas tout à fait des mêmes options. « Axel a été un relais magnifique par rapport au projet de jeu, il a collé à la perfection, plante Geoffrey Lanne-Petit. Mais là où Joe se démarque, et où il va aider Axel à grandir, c'est dans sa capacité à sortir du plan quand il le faut pour faire parler sa créativité, qui va entraîner le reste du collectif. Si notre jeu impose de jouer le plan A mais que la fenêtre B qui s'ouvre est meilleure, Joe jouera B. Il va d'abord être capable de voir cette option et de foncer. »

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Un talent de décideur somme toute logique à ce poste. Ce qui l'est moins, pour un 10, à trait à ce côté très taiseux caractérisant Joe « Iceman » Simmonds. « C'est un gars qui n'a pas une énorme communication orale, convient Geoffrey Lanne-Petit. Par contre, de par la précision de son jeu au pied, de la technique de ses skills, ou de sa capacité à décider, il va forcément entraîner les autres dans un mouvement qu'on est obligés de suivre. C'est un mec avec qui il est facile de se connecter. »

Un meneur, dans son expression la plus pure. Reste à ce que la tendance observée à Jean-Dauger se renforce ce samedi (14 h 30), au Stade Français, où Simmonds connaîtra sa première titularisation depuis le 18 octobre dernier. « En six mois, on a fait évoluer quelques lancements, quelques timings, fait savoir Lanne-Petit. Si le premier maillon de la chaîne n'a pas forcément les bons repères, ça influe en cascade sur tous les autres. Donc c'est problématique. Mais Joe n'est pas un Jalibert, c'est un joueur qui s'adapte au collectif plus que le contraire. Un vrai n°10 anglo-saxon qui a besoin de systèmes et de structure autour de lui. »