Jean-Charles Caylar, président du Montpellier Hérault Sport Club Volley-Ball (MHSC VB), a accordé un entretien à Midi Libre à la veille de la demi-finale du championnat. Son équipe est devenue championne de France pour la deuxième fois depuis sa prise de fonction en 2011, vendredi soir. Il dresse le bilan d'une saison exceptionnelle.
Une soirée de sacre inoubliable
Interrogé sur ses émotions lors de la soirée du titre, Jean-Charles Caylar confie : « Je l’ai vécue avec une grande fierté et de la joie. Je suis très heureux d’avoir assisté à l’avant-match avec cette animation et cette ambiance devant le Palais des sports de Castelnau-le-Lez. Tout cela est nouveau, j’ai été immensément surpris. J’ai vécu une de mes plus belles saisons en tant que président. Je sais à quel point il a fallu travailler pour en arriver là. Et puis, quand le match a été terminé, ce que j’ai ressenti est indescriptible. C’est pour vivre ces moments qu’on se lève et qu’on travaille tous les matins. »
Une saison dans la continuité
Le président dresse le bilan de la saison 2025-2026 : « Nous avons vécu une saison dans le prolongement de ce qu’on fait depuis des années. Je me souviens avoir écrit le projet du club en 2015. On savait où on voulait aller. La saison dernière, on a dominé la saison régulière avant de sortir en demi-finales contre Tours. Nous avons aussi perdu une finale de Coupe de France, la deuxième de suite. Cette fois, ma grande fierté est d’avoir évolué dans la continuité. Loïc (Le Marrec) et Thibaut (Gribal, le statisticien de l’équipe) étaient déjà là lors du dernier titre en 2022. Nicolas (Le Goff) et Ezequiel (Palacios) aussi. Pour le reste, on a apporté des changements par petites touches. Cette saison, c’est l’aboutissement du travail mais ce n’est pas une fin en soi. Elle doit en appeler d’autres, encore plus belles. »
Comparaison avec le titre de 2022
Quelles différences avec la victoire de 2022 ? « En 2022, on ne nous attendait pas. C’était l’histoire d’un groupe de joueurs exceptionnels qui est parti en mission pendant les play-offs. Cette année, c’est le titre de tout le club, toutes ses composantes qui étaient prêtes. L’acte fondateur, c’est la demande d’invitation en Ligue des champions. En juillet dernier, un dimanche matin, j’appelle Olivier Nicollin (actionnaire principal du club depuis 2021 avec le Groupe Nicollin). En trois minutes, il me donne le feu vert. À partir de là, on a insufflé une énergie exceptionnelle avec un gros travail administratif. Cette énergie s’est traduite sur le terrain. »
Un environnement propice à la performance
Le président souligne l’importance de la structuration du club : « J’ai la chance de m’inscrire dans la durée et d’avoir la confiance absolue d’Olivier et Laurent Nicollin qui nous apportent un soutien sans faille. Par petite touche, on a renforcé le secteur médical. Nous comptons sur un kinésithérapeute salarié à temps plein, peu de clubs ont ça en France. Idem pour le préparateur physique. On se professionnalise sur des détails qui font la différence. Les joueurs évoluent dans un environnement propice à la performance. »
Un parcours historique en Ligue des champions
Cette saison est aussi marquée par le parcours en Ligue des champions : « On s’est fait secouer à Civitanova (défaite 3-0) lors de la première journée de la phase de poules mais j’en suis revenu rassuré. Le déclic a été la victoire contre Varsovie à domicile (3-2). Une flamme s’est allumée, les gars ont pris conscience de ce qu’ils pouvaient faire. Au retour à Varsovie, des joueurs m’ont annoncé qu’ils allaient battre Civitanova au match retour et ils l’ont fait sans Nicolas Le Goff et Simon Hirsch. »
Un groupe bâti jusqu’en 2028
Pour l’avenir, Jean-Charles Caylar affiche ses ambitions : « Nous voulons continuer de grandir. Mon souhait est de conserver la quasi-totalité de l’effectif, c’est ce que nous allons faire en apportant que de très légères retouches. Je veux absolument qu’on s’inscrive régulièrement dans le haut niveau européen. Cette nouvelle qualification en Ligue des champions est très importante. On apprend beaucoup quand on se frotte au très haut niveau. Le plus dur pour un club, c’est d’être constant. »
Comment conserver l’effectif ? « Tant qu’il n’y aura pas d’harmonisation européenne des règles fiscales, ce qui n’est pas prêt d’arriver, on ne pourra pas avoir des grands joueurs dans la force de l’âge. Mais on peut avoir des joueurs confirmés à qui on peut proposer un cadre de vie et de travail satisfaisants à Montpellier. On peut aussi avoir de jeunes joueurs au gros potentiel qui ont besoin de se montrer dans un club qui performe. Nous n’avons rien à envier à personne en termes de conditions de travail. La seule différence, c’est qu’on ne peut pas donner la même rémunération que certains clubs européens. Pour construire un projet, nous devons garder nos joueurs. Jusqu’en 2028, on a bâti un groupe qui changera très peu. On réfléchira dès l’année prochaine sur l’après 2028 parce qu’il faut toujours anticiper. »



