Pas étranger à la nouvelle identité de jeu du SUA, l’entraîneur des trois-quarts Guillaume Jan estime que la marge de progression est encore importante, avant de recevoir Soyaux-Angoulême XV pour une dernière à Armandie, ce vendredi (19 heures).
Une saison de reconstruction
En moins d’une saison, il a mis sa patte sur le jeu du SUA. « C’est une satisfaction », reconnaît Guillaume Jan, l’entraîneur des trois-quarts, arrivé l’été dernier en provenance de Nevers. Mais la 7e place, autant que l’irrégularité et parfois le manque d’efficacité de l’équipe, lui laisse quelques regrets. Ils ont aussi aiguisé un peu plus son appétit pour la saison prochaine.
Comment jugez-vous la 7e place promise au SUA : voyez-vous le verre à moitié plein ou à moitié vide ?
« Je ne sais pas si on peut se baser que sur les résultats et le classement final pour dresser un premier bilan. C’était une saison où il fallait retrouver des certitudes, de la stabilité, trouver une identité, construire quelque chose. Je crois que ça a été partiellement, voire majoritairement fait. On a posé les bases. Il s’agissait surtout de savoir où est-ce qu’on mettait les pieds, comment on allait s’en sortir dans ce championnat qui est très difficile. »
Une frustration légitime
À l’arrivée, cette 7e place n’est-elle pas malgré tout frustrante ?
« Bien sûr qu’on a un peu de déception de ne pas se qualifier. Au départ, on n’est pas dans cette optique-là, on ne la vise pas forcément parce qu’on ne sait pas où on va aller. Mais petit à petit, en grappillant des points, surtout sur la dernière partie de championnat, tu te donnes cet espoir-là. Donc quand tu as l’espoir, bien sûr que tu es un peu déçu à la fin. Après, si on est à cette 7e place, c’est qu’on la mérite aussi. Il n’y a pas de hasard dans nos performances, un peu d’irrégularité, certains matchs qu’on n’a pas assez maîtrisés… »
Une identité de jeu affirmée
Le gros point positif est l’évolution du jeu du SUA. Avez-vous réussi à amener l’équipe où vous le vouliez ?
« Oui, en partie. En termes d’identité de jeu, on est dans ce que je souhaitais. En termes d’efficacité, pas encore. Je pense qu’on peut être encore plus efficace. Quand tu es entraîneur, tu as des convictions. Les miennes sont portées sur l’attaque, la possession [NDLR : le SUA est l’équipe qui joue le moins au pied] et jouer debout. J’ai cette ambition-là et j’essaie de la transmettre. Je pense que c’est celle qui peut faire gagner, qui procure beaucoup d’émotions, qui fait venir les gens au stade, et qui donne du plaisir aux joueurs. »
Un record d'essais mais une place méritée
Le SUA a déjà battu son record d’essais inscrits en une saison, qui datait de 2009 (85). Est-ce aussi une fierté ?
« Ça peut être une satisfaction au niveau du club, mais on reste 7e en nombre d’essais marqués (91), on est aussi 7e en points marqués (723) et 7e en points encaissés (686). Donc on est à notre place. Quand je dis qu’il n’y a pas de hasard, c’est aussi ça. On a un championnat, à l’image du Top 14, qui est de plus en plus spectaculaire, où les équipes jouent de plus en plus, et il y a de plus en plus d’essais. Donc ça veut dire qu’on a aussi des concurrents qui travaillent bien et qui marquent des essais. »
Les leviers pour progresser
Quels sont les leviers à activer pour progresser la saison prochaine ?
« C’est un tout. Il faut voir comment notre groupe va évoluer avec les nouveaux joueurs, et comment il sera capable d’emmagasiner les nouveautés qui vont arriver. Il faudra aussi être un peu plus efficace en zone de marque. Et puis il y aura l’apport du terrain synthétique. C’est une surface qu’on souhaitait parce qu’elle est plus rapide, adaptée à notre jeu, et ça reste plus jouable même quand il pleut. »
Finir sur une bonne note
Les deux derniers matchs peuvent-ils servir de laboratoire pour tenter des choses ?
« Non, pas forcément. L’objectif est surtout de bien finir l’aventure de ce groupe, pour eux-mêmes et leurs familles, mais aussi de procurer beaucoup d’émotions à notre public, à nos partenaires, à tous ceux qui nous soutiennent. La saison a été plutôt réussie dans ce qu’on souhaitait. Il faut garder une bonne image, et une image positive sur ces deux derniers matchs. On ne va rien inventer. On aura le temps plus tard de retravailler sur certains points. Ce qui est important, c’est qu’on garde un bon état d’esprit, que les mecs s’éclatent entre eux et qu’on finisse bien. »
Lucas Martins, meilleur marqueur
« Notre jeu en équipe avant l’individu ». En tête des meilleurs marqueurs d’essais de Pro D2 avec 16 réalisations, Lucas Martins a encore deux matchs pour asseoir sa position et s’adjuger le record du nombre d’essais sous le maillot du SUA (17), détenu depuis 2006 par Rupeni Caucaunibuca. L’ailier international portugais a déjà fait mieux que les 13 essais d’Iban Etcheverry (2024-2025) et de George Tilsley (2016-2017) qu’il va croiser ce vendredi soir à Armandie. L’entraîneur des trois-quarts, Guillaume Jan, a-t-il prévu un plan pour que le serial marqueur du SUA frappe encore ?
« Franchement, non ! Les mecs font partie d’un jeu collectif. Notre leitmotiv, depuis le début de la saison, est de jouer en équipe. S’il en est là aujourd’hui, c’est parce que l’équipe a bien travaillé en amont. Après, bien sûr qu’il a des qualités, je ne vais pas le nier. Mais c’est aussi le job des ailiers de finir les coups. Il les a finis. Mais je le répète, c’est surtout notre travail d’équipe qui fait qu’il se retrouve en position d’aller marquer ces essais. Même s’il y en a certains qu’il va se peler lui-même. Mais on accorde beaucoup d’importance à notre jeu en équipe avant l’individu. »



