Le MHSC aborde la demi-finale de la Coupe Gambardella en position d'outsider
À quelques jours de la demi-finale de la Coupe Gambardella qui opposera le MHSC à Rennes le samedi 25 avril 2026, Bertrand Reuzeau, directeur du centre de formation montpelliérain, assume pleinement le statut d'outsider de son équipe. Dans un entretien exclusif, celui qui tire ses derniers feux avant une retraite bien méritée revient sur le parcours exceptionnel de ses jeunes pousses.
Une philosophie de formation qui porte ses fruits
Bertrand Reuzeau, à la tête du centre de formation depuis 2022, a instauré une nouvelle politique axée sur le développement individuel des joueurs. "Ce n'est pas mon travail, mais celui d'un groupe, d'un club et d'un staff au pluriel", insiste-t-il modestement. Cette approche, mise en place il y a quatre ans, privilégie le recrutement de profils ciblés et un projet de jeu adapté.
Le résultat est aujourd'hui tangible : des joueurs arrivés à l'âge de 14, 15 ou 16 ans forment désormais un groupe compétitif de jeunes de 18 ans. "Cette politique-là nous donne une vraie satisfaction d'avoir un groupe compétitif et présent pour cette demi-finale", se réjouit Reuzeau, avant d'ajouter : "Et des jeunes joueurs qui ont intégré le groupe professionnel. Pour moi, c'est d'abord ça la priorité."
Des talents précoces déjà repérés
Parmi les pépites révélées par cette philosophie, plusieurs noms émergent déjà. Noah Vidal-Cartoux et Megnan-Pavé ont déjà intégré le groupe professionnel, ce dernier s'entraînant avec les pros malgré un problème administratif qui l'empêche de jouer en Ligue 2. Isaac Mohamed, appelé en équipe de France U18, participe également aux entraînements.
"Ce sont des joueurs assez précoces", note Reuzeau avec fierté. "Avant eux, il y a eu Chennahi, Issoufou... qui confirment en Ligue 2. Mon but est que tous ces joueurs aient la possibilité de jouer chez les pros."
Un profil de joueur spécifique
La philosophie de Reuzeau privilégie les joueurs techniques capables de changer de rythme. "J'aime bien les joueurs qui ont des qualités techniques et savent changer de rythme", explique-t-il. "Cela peut-être par exemple Noah Vidal-Cartoux, dont le premier contrôle fait la différence."
Contrairement à certaines tendances contemporaines, le directeur de formation ne cherche pas à copier le modèle espagnol. "On ne va pas adapter le projet de jeu espagnol, qui privilégie la technique, au football français", affirme-t-il. "On a la chance d'avoir des joueurs qui ont d'autres qualités, avec une technique un peu particulière et atypique, héritée du football de rue."
La Gambardella : cerise sur le gâteau
Pour Reuzeau, l'objectif premier reste l'intégration professionnelle des jeunes talents. "Il ne faut pas se tromper entre laisser une trace en gagnant la Gambardella et en intégrant le groupe professionnel. C'est ça le plus important à mes yeux", insiste-t-il.
"La Gambardella, c'est la cerise sur le gâteau. Je suis plutôt dans cette philosophie-là. Des fois, ça a été un petit peu dommageable dans certains clubs parce que j'ai toujours favorisé ça plutôt que gagner à tout prix la compétition."
Un statut d'outsider assumé
Face à Rennes, considéré comme le numéro 1 de la formation en France selon les critères de la FFF, le MHSC aborde la rencontre en position d'outsider. "On est contents d'y être, mais on est outsiders face à Rennes", reconnaît Reuzeau. "Qui dispose de bons joueurs et d'une équipe assez complète. On devra être à 100% pour réussir et être épargné par quelques petits bobos."
Les qualifications obtenues face à Strasbourg (3-1) et Nice ont cependant donné du crédit à cette équipe montpelliéraine. "Ce sont en effet deux matches référents, avec deux approches différentes", analyse le directeur de formation.
Un contexte de transition
Alors que le club prépare une transition au niveau de sa direction, Reuzeau minimise l'impact sur les jeunes joueurs. "Pour les jeunes joueurs, ce n'est pas le souci", estime-t-il. "L'encadrement pourrait être un petit peu tracassé, entre guillemets. Mais je n'en suis pas sûr : cette compétition permet de rester dedans."
Il ajoute cependant : "Après, en cas d'élimination samedi, il va y avoir des petites interrogations. Le club va devoir vite y couper court pour prendre très vite des décisions début mai. Pour l'avenir de certains coachs. Et pour l'organisation générale du club et la formation."
À 60 ans, Bertrand Reuzeau vit ses dernières batailles avant une retraite bien méritée. Cette demi-finale de la Coupe Gambardella représente l'aboutissement de quatre années de travail et l'occasion de voir sa philosophie de formation mise à l'épreuve contre l'une des meilleures académies de France.



