Arrivé ce mercredi 3 juin 2026 en bord de piste, Stefano Domenicali, le patron de la Formule 1, revient sur l’accord longue durée scellé avec un Grand Prix de Monaco qui lance désormais la saison européenne. Lors d’un entretien exclusif, il a partagé sa vision pour l’avenir de la discipline.
Un accord historique pour Monaco
Il y a deux ans, en préambule du 81e Grand Prix de Monaco, l’horizon apparaissait bien flou. L’homme promu aux commandes de la Formule 1 en 2021 par le groupe Liberty Media s’était chargé de dissiper les craintes. « On trouvera un accord juste », avait-il martelé concernant les discussions alors en cours pour prolonger la trajectoire entre Sainte Dévote et Rascasse. Parole tenue ! Au-delà des espérances puisque le contrat liant aujourd’hui la discipline reine du sport automobile et la Principauté s’étend jusqu’en 2035. Croisé à nouveau ce mercredi 3 juin juste après son arrivée dans le paddock, le natif d’Imola (61 ans) et ancien patron de la Scuderia Ferrari évoque cette alliance taille XXL.
Une vision tournée vers l’avenir
Interrogé sur les mots qui lui viennent à l’esprit pour décrire le Grand Prix de Monaco, Domenicali répond : « Monaco, c’est une échéance spéciale dans l’année. Un événement à part. Unique. Pour les membres du paddock F1 qui résident en Principauté, dont pas mal de pilotes, bien sûr. Mais aussi pour les VIP, les fans, qui vont encore venir nombreux vivre une expérience extraordinaire. Vous savez, ce Grand Prix, je le pratique depuis trente ans. Quand il s’agit d’en parler, on fait souvent référence au passé, au poids de l’histoire. Moi, je suis résolument tourné vers l’avenir. À mes yeux, Monaco incarne plus que jamais le futur de la Formule 1. » Il souligne d’excellentes relations avec le prince Albert II et l’Automobile Club de Monaco, saluant le travail fantastique du président Michel Boéri et de ses équipes.
Une prolongation stratégique
La double prolongation du contrat, jusqu’en 2035, démontre l’importance accordée à cette course. « Cela illustre aussi le fait que nous partageons avec le Prince Albert II, avec l’ACM, la même volonté de continuer à développer, à optimiser, les structures d’accueil. L’accord conclu comprend des projets d’amélioration. Vous verrez, bientôt, il y aura encore des changements, des aménagements, par exemple côté port. Le GP de Monaco va continuer à grandir. C’est ce que nous voulons tous ! »
Le rôle clé de LVMH
Après TAG Heuer en 2025, cette 83e édition accueille Louis Vuitton comme sponsor titre. Domenicali insiste sur le lien solide noué avec LVMH, via un contrat mondial inédit de 10 ans conclu en 2024. « Pour eux, comme pour nos autres partenaires, Monaco représente une superbe vitrine. Voilà pourquoi ils ont choisi d’investir, de donner un éclat particulier à leurs marques en Principauté. TAG Heuer l’an dernier, Louis Vuitton maintenant, et il y a aussi Moët & Chandon qui fait pétiller la cérémonie du podium. »
Un changement de calendrier pour la durabilité
Monaco a quitté sa case traditionnelle du mois de mai pour s’installer début juin. Ce changement s’inscrit dans la politique de développement durable de la F1. « Venir ici entre Miami et Montréal, c’était compliqué. On veut limiter les longs déplacements, les transports, autant que possible. Donc nous avons proposé cette solution aux autorités monégasques. Permettez-moi de les remercier encore pour leur feu vert. Désormais, la F1 enchaînera les deux manches nord américaines du printemps. Et Monaco ouvrira ensuite la saison européenne. En pole position chaque année sur le Vieux Continent ! »
Les monoplaces 2026 et les défis techniques
Interrogé sur les nouvelles monoplaces 2026, moins volumineuses, Domenicali espère des dépassements mais reste prudent. « Je ne sais pas. Je l’espère. Ma seule certitude, c’est qu’il y aura une qualif’ super spectaculaire samedi. Comme d’habitude à Monaco. Le lendemain, on verra. Attention, les pilotes devront gérer leur énergie différemment. De quoi engendrer des surprises, peut-être… » Concernant les critiques sur la motorisation 50 % électrique - 50 % thermique, il se montre confiant : « Non ! Moi, au contraire, je mesure un impact très positif quand je regarde les audiences télé, les affluences. Tenez, aujourd’hui, tous nos Grands Prix programmés cet été, jusqu’au mois de septembre, affichent d’ores et déjà complet. Qui se plaint d’avoir vu une course inintéressante ces deux derniers mois ? Je pense que la grande majorité des gens suivant la F1 apprécie le spectacle, le suspense. Les propos négatifs, ils circulent surtout dans le paddock. Nous les entendons, toutes ces remarques ! Et nous discutons sans cesse avec la FIA, avec les constructeurs, pour faire évoluer le règlement, résoudre les problèmes de jeunesse. »
Max Verstappen et Kimi Antonelli
À propos de Max Verstappen, qui a confirmé qu’il poursuivrait sa carrière en F1 l’an prochain, Domenicali affirme n’avoir jamais été inquiet : « Max, c’est un pilote fantastique. Un quadruple champion du monde qui peut encore battre des records. La F1 a besoin de lui. Moi, j’espère qu’il restera longtemps. Mais il fait ce qu’il veut. À lui de décider en son âme et conscience. » Enfin, sur le jeune Kimi Antonelli, leader du championnat avec quatre victoires, il déclare : « Je connais le garçon depuis longtemps. Qu’il tutoie le sommet si vite, si tôt, ne m’étonne pas. En revanche, sa constance au top niveau ces derniers temps m’épate, oui. Enchaîner quatre succès comme ça, c’est très fort. Seuls des champions du monde l’ont fait avant lui. Je suis très content de voir un jeune pilote italien monter en puissance de la sorte. Et impatient de connaître la suite. Car la pression, déjà énorme, va encore aller crescendo… »



