Ancien défenseur de l’Olympique de Marseille entre 2009 et 2014, Souleymane Diawara a terminé sa carrière de joueur à l’OGC Nice. Désormais consultant pour L1+, il livre son analyse des enjeux du derby de la Méditerranée qui se jouera dimanche soir à 20h45.
Une qualification niçoise pleine de caractère
Interrogé sur la qualification de Nice en finale de la Coupe de France, Diawara se montre enthousiaste : « J’étais extrêmement content pour Nice. Ils sont allés la chercher avec les tripes. Ce n’était pas facile, surtout à domicile face à Strasbourg. Mais les Niçois ont fait preuve de caractère et de courage. » Selon lui, ce parcours apporte de la confiance et la certitude que « avec le courage et l’envie, ils peuvent soulever des montagnes. Aller gagner à Strasbourg, peu d’équipes peuvent le faire. »
Il ajoute : « Ce qu’a fait Nice, je crois qu’on ne se rend pas encore compte. C’est une grosse victoire avec la manière. Le Gym ne partira pas favori en finale contre Lens, mais c’est peut-être ce qui les arrange. Le foot, c’est le seul sport où le plus petit peut battre le gros. »
La priorité reste le championnat
Pour Diawara, la priorité reste le maintien en Ligue 1. « Contre Lille, j’étais devant ma télé, je me suis régalé. J’ai vu des attitudes qui ont changé. Je me suis dit : 'Pourquoi ils n’avaient pas cet état d’esprit depuis longtemps ?' On sait de quoi ils sont capables. S’ils en prennent conscience, ils vont obtenir le maintien rapidement. »
Un derby sous haute tension
À propos du déplacement à Marseille, Diawara prévoit un match difficile pour les deux équipes. « Nice, parce que c’est l’OM, le derby méditerranéen, au Vélodrome, où ce n’est jamais facile de gagner. Marseille, parce qu’ils sont dans une période de doutes. C’est peut-être le moment pour les Niçois d’enfoncer le clou, d’aller jouer haut, de mettre la pression rapidement pour retourner le stade contre leurs propres joueurs. Mais si les Aiglons prennent un but rapidement, cela peut changer la donne. »
Dante, un exemple de longévité
L’ancien défenseur rend hommage à Dante, le capitaine niçois de 42 ans. « Un immense respect. Ce qu’il fait est incroyable. C’est compliqué de voir des joueurs de 18 ans arriver à vive allure. L’autre jour, je regardais un reportage où on le voyait à l’entraînement, parlant beaucoup aux jeunes. J’ai adoré. Lui, ce sera un très bon entraîneur. Partir de Nice avec un trophée serait un beau cadeau. »
Les difficultés de l’OM
Interrogé sur les difficultés marseillaises, Diawara note que peu d’individualités se dégagent, à l’exception de Mason Greenwood, blessé. « Depuis le fiasco de la Ligue des champions et l’humiliation au PSG, c’est globalement très compliqué pour l’OM. » Concernant l’entraîneur Habib Beye, il estime qu’il est difficile de le juger. « Il a pris une équipe très malade. On ne soigne pas une équipe en si peu de temps. Le problème, c’est qu’on n’est plus patient, surtout à l’OM. Même Luis Enrique a mis du temps au PSG. »
Le contexte particulier de Marseille
Diawara, qui a longtemps joué à l’OM, explique comment gérer ce contexte. « Quand tu signes à Marseille, tu signes avec la ville, avec la boulangère, la pâtissière, la poissonnière, le boucher. Quand tu gagnes, tout le monde est content. Mais quand ça ne va pas, il faut accepter de se faire remonter les bretelles. Le football ici, c’est une religion. Si tu n’as pas de mental, tu ne peux pas jouer à Marseille. »
Souvenirs niçois et Claude Puel
Revenant sur son arrivée à Nice, Diawara raconte : « Mon agent a appelé Julien Fournier. On a discuté, il a vu mon état d’esprit. Ça a été vite, une demi-heure, le temps de siroter un jus de citron au Novotel. » Avec Claude Puel, il y avait un petit passif, mais le coach n’a pas été rancunier. « Puel a parfois l’image d’un dictateur ou d’un militaire, mais ce n’est pas du tout le cas. C’est un homme avec qui on peut échanger. »
Il n’est pas surpris de voir Puel se lancer dans une mission sauvetage : « On connaît l’amour qu’il a pour ce club. C’était la personne idéale pour le sauver. Et il sort toujours des jeunes pépites comme Kail Boudache. »
Une saison niçoise marquante
Diawara garde un bon souvenir de sa saison à Nice. « C’est un club qui m’a tendu la main. Je serai reconnaissant à vie. Il y a un côté familial. On organisait beaucoup de choses. À la fin de mes années à Marseille, on avait perdu ce truc-là. Le foot, c’est une passion, il ne faut pas la perdre. » Sportivement, cela a été plus compliqué, notamment à cause d’un problème judiciaire. « Julien a été très patient, mais à un moment donné, il ne pouvait plus m’attendre. »



