Le Football Club des Écureuils de Mérignac-Arlac, réputé plus grand club amateur de la région avec 950 licenciés, traverse une nouvelle zone de turbulences. Alors que l’équipe première joue la montée en National 3, le club est secoué par des dissensions internes, une rigueur budgétaire inédite et la suspension d’indemnités, sur fond de rumeurs de fort déficit.
Démission du président Alexander Alegrias
Dernier soubresaut en date : la démission du président Alexander Alegrias. Nommé en octobre 2025 pour remplacer Jean-Luc Fonteyraud, figure historique du club, il a jeté l’éponge après seulement quelques mois. Dans son courrier du 1er mai, il invoque des « raisons personnelles » liées à son déménagement en Espagne, mais aussi « un réel désaccord entre les membres du bureau et la direction ». Loïc Berry, vice-président assurant l’intérim, précise que le prochain président sera désigné le 28 mai.
Mesures d’austérité et mécontentement
La nouvelle direction a mis en place des mesures drastiques pour assainir les finances. En novembre, l’arrêt des remboursements de frais et des indemnités pour joueurs et éducateurs bénévoles, dont les « primes de match », a été annoncé. « C’était nécessaire pour la survie de l’institution », justifie Loïc Berry. Cette décision a provoqué des mécontentements et plusieurs départs. Un joueur de l’équipe senior témoigne : « On ne demandait pas grand-chose, mais c’est une question de parole non tenue. » Un autre footballeur parle d’une « rupture » avec le président, tandis que le groupe s’est concentré sur lui-même pour maintenir la cohésion.
Des finances floues
Le déficit du club est un sujet de querelle depuis des années. Jean-Jacques Darroman, ancien président, affirme avoir laissé une trésorerie saine en 2022. Aujourd’hui, le trésorier Stéphane Guala refuse de donner des chiffres précis mais assure que le club finira la saison à l’équilibre. Selon certaines sources, le déficit de la dernière saison serait de 25 000 à 40 000 euros. Jean-Luc Fonteyraud admet une situation « tendue » mais relativise, tandis que des adhérents dénoncent des dettes envers les joueurs et éducateurs.
La montée en National 3 en question
La stabilité de la présidence est cruciale alors que l’équipe fanion pourrait monter en National 3. Si la direction assure pouvoir assumer ce passage, des sceptiques craignent un recalage par la Direction nationale du contrôle de gestion. Les joueurs restent mobilisés, mais un ancien membre du comité directeur, Fabrice Crédot, a démissionné « par lassitude », pointant des problèmes structurels : hausse des charges, baisse des partenariats, manque de bénévoles. Il rappelle que « un club amateur, ce n’est pas une entreprise. On a un rôle social et éducatif. »
La Ville de Mérignac, qui verse 110 000 euros de subvention annuelle, se veut prudente. L’adjoint aux sports doit rencontrer le comité prochainement. En attendant, le club espère que la montée sportive apaisera les tensions.



