Chelsea se sépare de Liam Rosenior après une brève et tumultueuse aventure
La déclaration de Liam Rosenior, prononcée en janvier pour justifier son départ du RC Strasbourg, résonne aujourd'hui comme un cruel retour de bâton. « À un moment dans une vie, il y a des offres qu’on ne peut pas refuser. Je ne pouvais pas refuser cette opportunité. C’est le club champion du monde, avec un effectif incroyable et un public incroyable », affirmait alors le technicien. Ces mots ont terriblement mal vieilli, puisque Chelsea et son propriétaire BlueCo ont actionné ce mercredi le siège éjectable de l’entraîneur, après seulement 23 matchs et 106 jours à la tête de l'équipe.
Un mandat écourté par des résultats désastreux
Le prestigieux club londonien, réputé pour ses transferts abondants et l’instabilité chronique de son banc, a officiellement annoncé s’être « séparé » de l’ancien entraîneur alsacien. Cette décision intervient moins de quatre mois après sa nomination, pour un contrat initialement prévu jusqu’en 2032, une durée hallucinante dans le monde du football. Le quadragénaire, reconnaissable à ses fines lunettes noires et à son sweat à capuche, n’aura tenu que 23 matchs, emporté par une série cataclysmique de sept défaites sur les huit dernières sorties.
L’annonce de son départ survient au lendemain d’un lourd revers 3-0 à Brighton, le cinquième d’affilée sans le moindre but marqué en championnat. Les Blues n’avaient plus connu une telle série noire depuis 1912, illustrant l’ampleur de la crise. « Le club n’a pas pris cette décision à la légère, mais les résultats et les performances récents sont tombés en dessous des normes requises, alors qu’il reste encore beaucoup à jouer cette saison », a justifié la direction dans un communiqué officiel.
Une instabilité structurelle sous l'ère BlueCo
Chelsea se retrouve actuellement au 7e rang en Premier League après la débâcle chez les Seagulls, et pourrait encore reculer de plusieurs places d’ici la fin de la 34e journée ce week-end. La bande à Cole Palmer tentera dimanche de reprendre du poil de la bête, en demi-finale de la Coupe d’Angleterre contre Leeds, avant d’enchaîner ses quatre derniers matchs de championnat. L’équipe sera dirigée durant cette période par Calum McFarlane, lequel avait déjà assuré un intérim en janvier, entre le limogeage d’Enzo Maresca et l’arrivée de Rosenior.
« Alors que le club s’efforce d’assurer la stabilité du poste d’entraîneur principal, nous allons mener une réflexion approfondie afin de procéder à la bonne nomination à long terme », précise le communiqué. Cette annonce souligne les difficultés récurrentes de BlueCo, qui a déjà usé cinq entraîneurs permanents depuis son arrivée en mai 2022, de Thomas Tuchel à Rosenior en passant par Graham Potter, Mauricio Pochettino et Maresca.
Un choix initialement surprenant
L’Italien Enzo Maresca avait pourtant tenu une saison et demie, avec à la clé en 2025 une 4e place en Premier League, synonyme de qualification en Ligue des champions, un titre en Ligue Conférence et surtout un sacre à la Coupe du monde des clubs, après une brillante finale face au PSG (3-0). Chelsea l’a démis de ses fonctions le 1er janvier, sur fond de mauvais résultats récents et de divergences internes, avant d’aller débaucher Rosenior au RC Strasbourg, autre club de sa galaxie.
Ce choix avait étonné de nombreux observateurs en Angleterre en raison du CV peu épais de Rosenior, comme joueur (Fulham, Reading, Brighton) et surtout comme technicien (entraîneur chez les jeunes de Brighton, adjoint à Derby County, entraîneur de Hull City en 2e division). Son mandat à Stamford Bridge a plutôt bien débuté, mais tout a déraillé à partir de mars dans la foulée de la sévère défaite (5-2) en 8e de finale aller de Ligue des champions face au PSG.
Des tensions internes et une fin abrupte
Des médias spécialisés assurent que le jeune entraîneur a été lâché par une partie du vestiaire, notamment les hispanophones comme Marc Cucurella et Enzo Fernandez, a priori nostalgiques de Maresca. Il n’a en tout cas pas survécu à la dernière prestation de Chelsea face à Brighton, « inacceptable » selon ses propres termes, terminée sans le moindre tir cadré, et avec deux fois moins de ballons touchés dans la surface adverse (15 contre 30 pour Brighton) ou encore 7 km en moins parcourus que son adversaire du jour.
Pour la première fois mardi, Liam Rosenior n’avait pas cherché à protéger ses joueurs face aux critiques, les appelant au contraire à « aussi se regarder dans le miroir ». À défaut de possible doublé en Coupe de France et en Ligue Conférence sur le banc alsacien dans les prochaines semaines, le voici désormais sans club, marquant la fin prématurée d’une aventure qui avait pourtant commencé avec de grandes ambitions.



