Girondins de Bordeaux : les conséquences financières et sportives d'une non-montée en Ligue 3
Bordeaux : impacts d'une non-montée en Ligue 3

Girondins de Bordeaux : les enjeux d'une saison sans promotion

La perspective d'une non-montée en Ligue 3, pourtant objectif affiché du club, représenterait un coût moindre à court terme pour les Girondins de Bordeaux et leur actionnaire Gérard Lopez. Cependant, cet échec sportif marquerait un nouveau revers dans l'histoire récente du club bordelais. Ces derniers mois, l'équipe avait élaboré deux scénarios pour la saison prochaine : l'accession en Ligue 3 ou le maintien en National 2. Alors que les Bordelais dominaient la compétition jusqu'au 21 mars, la première option était naturellement privilégiée. Mais avec sept points de retard sur le leader La Roche Vendée à cinq journées de la fin, et malgré l'espoir ténu d'un repêchage en cas de deuxième place, le statu quo en National 2 devient une hypothèse de plus en plus plausible.

Finances : un impact limité dans l'immédiat

Les Girondins de Bordeaux ont présenté la semaine dernière leurs comptes à la DNCG pour un point d'étape obligatoire. Cette audition visait à examiner la situation financière au 31 décembre, l'état de la trésorerie, les projections pour la fin de saison et le respect des engagements de l'actionnaire principal Gérard Lopez. L'homme d'affaires, qui avait promis d'injecter neuf millions d'euros pour couvrir l'exercice en cours, a tenu parole avec le versement final d'environ un million d'euros en mars.

Selon plusieurs sources bien informées, le budget de fonctionnement de la saison – fixé à sept millions d'euros avec une masse salariale encadrée par la DNCG et des prévisions de recettes prudentes – a été respecté. Ce résultat a été atteint malgré des recettes billetterie inférieures aux attentes, l'équipe n'ayant pas caracolé en tête du championnat comme espéré initialement. Le prochain versement est prévu pour le 24 mai.

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Les 4,7 millions d'euros destinés aux créanciers le 24 juin, correspondant à la première échéance du plan de redressement validé par le tribunal de commerce, font partie des neuf millions déjà provisionnés. La prochaine étape cruciale consistera à garantir la viabilité de l'exercice 2026-2027 lors du rendez-vous de juin prochain devant la DNCG.

En cas d'accession en Ligue 3, le plan de continuation prévoyait un budget d'environ 10,6 millions d'euros, avec un déficit approchant les quatre millions. Pour le National 2, le club souhaite reconduire le budget actuel, qui présente un déficit d'environ 3,5 millions d'euros. Dans les deux configurations, Gérard Lopez devra combler la différence, auxquels s'ajouteront 3,42 millions d'euros de dettes à régler au printemps 2027.

Paradoxalement, le calendrier financier serait plus souple en cas de non-montée. Pour être autorisé à évoluer en Ligue 3, les sept à huit millions d'euros nécessaires auraient dû être versés immédiatement afin de redresser les fonds propres du club. En restant en National 2, la DNCG fédérale pourrait accepter un versement échelonné sur preuve de fonds disponibles.

Si la facture serait initialement plus légère en National 2, le coût pour l'actionnaire bordelais s'alourdirait dans la durée. Actuellement, seule une remontée en Ligue 2 – espérée d'ici 2028 – permettrait de réduire significativement le déficit structurel. La non-accession risque également de compliquer la recherche de « partenaires financiers » annoncée par Gérard Lopez depuis 2022, s'ajoutant aux problèmes avec les supporters et aux épées de Damoclès planant sur le club.

Lors d'une interview accordée à « L'Équipe » début janvier, le président bordelais avait laissé entendre qu'il assumerait financièrement même en National 2. Il n'a pas donné suite à la sollicitation de « Sud Ouest » et, selon son entourage, aucun changement d'avis n'est signalé.

Sportif : incertitudes pour l'effectif et le recrutement

Que ce soit en National 2 ou en Ligue 3, treize joueurs des Girondins seront toujours sous contrat la saison prochaine : le gardien Hoekstra, les défenseurs El Hajjam, Jousselin, Cissé, Droehnle et Trichard, les milieux Ba, Odru et Oniesim, ainsi que les attaquants Shamal, Mannaï, Arné et Bahassa. Le défenseur Touré et les attaquants Villette, Openda, Etonde et Merdji avaient quant à eux signé jusqu'en juin, avec une année supplémentaire automatique en cas de montée.

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Le capitaine Grillot et les milieux Diop et Diagouraga seront libres en juin quelle que soit l'issue de la saison. Le responsable du recrutement Karim Saada et l'ancien entraîneur Bruno Irles avaient commencé à travailler sur une liste de joueurs ciblés en cas d'accession en Ligue 3. Cette liste devra être réévaluée avec les souhaits du futur entraîneur et sera différente si le club reste en National 2.

Un point sera fait avec Rio Mavuba en mai concernant une éventuelle prolongation sur le banc de l'équipe première. Actuellement, le club reste suspendu aux recours lancés pour suspendre l'interdiction d'enregistrement de nouveaux joueurs de plus de 16 ans prononcée par la FIFA. Si ces recours étaient rejetés et que Gérard Lopez ne payait pas la somme réclamée par Gijon (1,5 million d'euros), le club devrait se contenter cet été de compléter son effectif avec des joueurs déjà sous licence au club, en réserve ou en U19.

Un échec dans la course à la montée remettrait également sur la table la problématique de la gouvernance au Haillan, le centre d'entraînement du club.

FIFA : deux recours en cours

En attendant le jugement du Tribunal arbitral du sport sur le fond – qui prendra plusieurs mois – les Girondins ont lancé deux recours pour suspendre l'exécution de l'interdiction de recrutement prononcée le 27 mars par la FIFA. Le premier recours international auprès du TAS invoque l'urgence, arguant que cette décision met en péril la survie même du club.

Le second recours national pour conciliation auprès du Conseil national olympique et français espère que la FFF se désolidarisera de la FIFA concernant les mutations nationales. La FIFA a donné raison à Gijon, qui exige 1,5 million d'euros pour le recrutement de Pedro Diaz en 2023. Les Girondins estiment que cette dette a été réduite de 90% dans le plan de continuation validé par le tribunal de commerce et que la justice civile prime sur la justice sportive.