En apparence, ce début de Tournoi 2026, version Ratier, se passe bien pour le XV de France féminin. Deux victoires, deux bonus offensifs, 40-7 contre l’Italie et 38-7 au pays de Galles. Seules ombres au tableau, les blessures sérieuses de deux joueuses cadres, l’ailière bordelaise Joanna Grisez (ligament croisé) et de la centre de Blagnac Gabrielle Vernier (épaule) ainsi que des premières mi-temps jugées « problématiques » par le sélectionneur (5-0 contre l’Italie et 7-7 face aux Galloises). Elles maintiennent les Françaises sous pression et les obligent à puiser dans leurs ressources pour se mettre sur les bons rails avant de finalement faire le trou sur leurs adversaires. L’illustration d’un groupe en digestion d’un nouveau plan de jeu mais surtout en recherche d’automatismes et de repères collectifs.
Progression constante
Même si cet apprentissage prend du temps, les approximations seront à éviter face à l’Irlande, ce samedi, à Clermont-Ferrand (21 h 10). D’abord parce que les Irlandaises sont l’équipe la plus en progression de ce Tournoi derrière le duo franco-anglais toujours promis à la finale pour le titre. Face aux Bleues, lors du dernier Six-Nations, elles avaient été les vaincues avec le plus petit écart (12 points) puis il y avait eu ce quart de finale de Coupe du monde perdu de 5 points seulement (18-13). Cette saison, elles ne se sont inclinées chez les Anglaises « que » 33-12 pour leur entrée dans la compétition et largement battu l’Italie la semaine dernière (57-20). En plus de leur rugby, c’est aussi de leur état d’esprit revanchard dont les Françaises devront se méfier si elles ne veulent pas voir leur route vers une finale contre les Anglaises être stoppée au premier virage un peu serré.
Clore l’épisode
Ce quart de finale du Mondial manqué alors qu’elles menaient 13-0 n’a pas été digéré et les Irlandaises ne s’en cachent pas. « Ce serait mentir que de dire que ce n’est pas un match de revanche », glissait la nouvelle capitaine et troisième ligne Erin King dans l’Irish Times, cette semaine. En plus du scénario, des faits de jeu avaient carrément créé un sentiment d’injustice. Il y avait eu le plaquage haut de la capitaine bleue Manae Feleu dont la simple pénalité sifflée avait été jugée insuffisante par le camp irlandais et surtout la morsure de la troisième ligne Axelle Berthoumieu sur sa vis-à-vis Aoife Wafer qui lui avait valu une sanction de neuf matchs.
« J’ai eu peur qu’on ne retienne que ce geste de moi et qu’on oublie le reste, confiait la joueuse arrivée de Blagnac au Stade Bordelais cette saison après avoir purgé sa suspension. Je pense qu’une nouvelle feuille de match me ferait vraiment penser que ce n’est pas le cas et clôturerait cet épisode ». Depuis le début du Tournoi et encore ce samedi, François Ratier a bien redonné à Axelle Berthoumieu une place de titulaire à gauche de l’aile. Face à elle, Wafer sera aussi de la partie.
La composition des Bleues
- Barrat - Grando, Rousset, T. Feleu, Murie - (o) Arbez, (m) Bourdon Sansus - M. Feleu (cap.), Champon, Berthoumieu - Fall Raclot, Zago - Khalfaoui, Lazarko, Mwayembe
- Remplaçants : Riffonneau, Brosseau, Bernadou, Correa, Soqeta, Escudero, Chambon, Queyroi



