Publicité « L'AS Monaco joue mieux sans Mike James » : Laurent Sciarra décrypte la finale de Betclic Elite entre Paris et la Roca Team
Ex-meneur des Bleus et actuel consultant pour TV Monaco, Laurent Sciarra décortique les points clés de l’affrontement entre Paris Basket et l’AS Monaco avant le match 1 de la finale de Betclic Elite ce dimanche à 17 heures.
Sciarra donne un petit avantage à l’ASM. Laurent Sciarra a beau être Niçois, il connaît la Roca Team sur le bout des doigts. Devenu consultant pour TV Monaco, l’ex-meneur des Bleus présente la finale. L’œil toujours vif et le verbe acéré.
Paris-Monaco, finale logique ?
Tout à fait logique. Deux équipes qui ont, entre guillemets, dominé le championnat. À moins que Monaco ne disparaisse, ça va devenir quelque chose de classique lors des prochaines années. L’Asvel va bien s’équiper l’année prochaine, mais il y a une logique imparable sur la saison actuelle.
L’an passé, TJ Shorts avait terrassé Monaco. Sans lui, Paris est plus facilement prenable ?
C’est une équipe moins forte que l’année dernière, où tout le monde connaissait son rôle après deux ans. Et elle était tombée contre un Monaco très diminué : sans James ni Theis, avec un Blossomgame sur la jante… Ce sera encore sans Mike James, comme depuis un moment, mais je trouve qu’ils jouent même mieux sans lui.
Plus collectif ?
Pas forcément. Disons que le duo Strazel-Okobo avait déjà assumé et assume encore plus. C’est devenu leur équipe. Je ne sais pas si Paris aura la capacité physique, défensivement, de toucher cette équipe de Monaco. On a vu Bourg complètement exploser sur ce plan. Ensuite, Nanterre n’a pas existé après un hold-up au match 2…
« Strazel est stratosphérique depuis le début des playoffs »
Les clés du match sont donc dans la poche de Strazel et Okobo ? Ah oui ! Je me souviens d’une interview commune pour TV Monaco, ils avaient glissé : « Quand on nous laisse jouer, souvent on gagne. » En substance, ça voulait dire : « Quand le coach a le courage de laisser Mike James sur le banc, nous, on peut prendre les clés du camion. » Strazel est stratosphérique depuis le début des playoffs. Avec Okobo et même Blossomgame, ils se sont mis en mission costauds ! Les gens ont tendance à les critiquer avec les problèmes financiers, les amendes, la Principauté… Mais il n’empêche qu’ils n’ont jamais lâché, même quand ils ont été dans le plus grand des marasmes. Il faut avoir une forme de reconnaissance. D’autres équipes avec un effectif supérieur, comme Efes Istanbul par exemple, ont explosé à tous les niveaux. Je reste persuadé que le départ de Spanoulis leur a tous fait un bien fou.
Un autre facteur à souligner ?
Il ne faut pas galvauder ce que font les autres joueurs, mais quand tu fais des playoffs comme Strazel et Okobo… J’espère que l’ego de l’un et de l’autre ne vont pas commencer à être une barrière pour ces finales, en mode : « Je veux être le calife à la place du calife ». Pour eux, pourvu que James ne revienne pas ! En ce moment, tout coach normalement constitué te dirait : « Je ne le fais pas jouer ». Mais si demain James décide de remettre le maillot, tu te tais et tu fais jouer James ! Les cartes ont quand même énormément changé ces derniers temps…
Le grand défi, c’est de limiter Hifi ?
En parallèle de cette finale, il y a quand même l’Équipe de France. Tu as trois profils concernés sensiblement sur le même poste. Matthew, Elie et Nadir : les trois vont postuler à ce poste de meneur-arrière, donc il va aussi y avoir ce challenge perso à l’intérieur des finales. À Paris, c’est voulu que le produit de cette équipe soit Hifi. Quand tu lâches un million d’euros sur ton meilleur joueur… C’est un extra-attaquant, pour lui rien n’est osé ! Il faut que les autres acceptent cette gabegie de tirs. Si Monaco a la bonne idée de réduire son impact… Mais il ne faut pas dormir sur Robinson, Herrera, M’baye qui peut prendre feu...
Strazel, Okobo, Hifi : qui est le plus complet ?
Pour moi c’est Okobo, il a tout en magasin. Gros respect à Strazel, qui joue à chaque fois 30 minutes et défend la pointe comme un chien de la casse. Il ne triche pas ! Mais le plus complet dans son basket, c’est quand même Okobo. Il en est même pénible par moments, quand il ne sourit pas ou n’a pas d’expression. C’est dommage, il est tellement talentueux. Oh le c... ! Les gauchers, c’est chiant. Tu penses pouvoir le stopper, tu lui coupes sa main gauche... et non. Il pourrait juste véhiculer un tout petit plus en étant un peu souriant. Il est glacial, mais c’est sa personnalité.
Le secteur intérieur a souffert lors du match 2 face à Nanterre. Problème réglé depuis ?
Ça a toujours été comme ça, même en Euroleague. Des fois tu te dis que ce n’est pas possible, un tel déficit de rebonds ! Je ne sais pas qui fait le recrutement, mais des garçons qui peuvent te nettoyer le cercle, il y en a sur le marché européen. Un garçon comme Donta Hall, il était capable de prendre un rebond à 30 cm du cercle ! Les petits ne font pas le boulot, même si Terry Tarpey est exemplaire. Makoundou ? Je ne m’attendais pas à une palette offensive comme ça, je ne savais pas qu’il avait tout ça en magasin. Avec tous les problèmes rencontrés dans le secteur intérieur, c’est très bien qu’il ait accepté de revenir.



