Pour fêter ses 90 ans, Jacqueline Surel a sauté en parachute samedi 25 avril à l’aérodrome de Pujaut, accompagnée de deux de ses fils et deux de ses petits-enfants. Entourée des siens, veste rouge sur les épaules et sourire malicieux, Jacqueline observe le ballet des parachutes au-dessus de l’aérodrome. Autour d’elle, enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants se pressent, lunettes de soleil sur le nez, partagés entre excitation et appréhension.
Un saut pour marquer le coup
Dans le ciel bleu éclatant, l’avion de largage Skydive enchaîne les rotations. Ni le vent ni les nuages ne semblent gâcher la fête. À chaque passage de l’avion bleu et jaune, des silhouettes s’élancent, bientôt suivies par l’ouverture des voiles colorées qui flottent au-dessus de la plaine. Au sol, les regards admiratifs se lèvent. Jacqueline, elle, reste étonnamment sereine et sûre d’elle.
« Quand on est en l’air, on ressent la liberté. Ce qui me marque, c’est le silence impressionnant dans les airs », confie-t-elle. Une sensation qu’elle connaît déjà. Dix ans plus tôt, elle avait effectué un premier saut ici même pour fêter ses 80 ans. « Ça m’apporte beaucoup de bonheur. Même si ça secoue un peu, on se sent bien dans les airs. »
Une idée née autour d’un repas de famille
L’idée germe quelques semaines plus tôt, autour d’un repas de famille. Pour ses 90 ans, Jacqueline veut « quelque chose de marquant ». Ses proches suggèrent un tour de montgolfière. « Trop lent », répond la protagoniste. Un tour de parapente ? Toujours pas. « Ces activités ne font pas assez de sensations », tranche-t-elle avec une lucidité désarmante. Alors elle lance simplement : « Qui veut me suivre ? » Difficile de dire non.
« C’est une occasion unique, on ne vivra pas ça tous les jours avec notre grand-mère », expliquent Thibaut et Guillaume. Rapidement, plusieurs volontaires se laissent convaincre. Certains avec enthousiasme, d’autres avec un peu plus d’appréhension. « Je n’étais pas prêt au départ, reconnaît Richard, sourire nerveux. Mais je sais que je ne le referai pas, alors autant le vivre maintenant. »
Briefing express et décollage
À l’arrière du hangar, le groupe enchaîne un briefing express. Positions de sécurité, déroulé du saut, consignes en vol… Harnais ajustés, sangles serrées, chacun écoute attentivement. Jacqueline, elle, semble ailleurs, déjà tournée vers ce moment suspendu qui l’attend.
Sur le tarmac, l’ambiance reste légère. On plaisante, on se rassure. « Il y aura peut-être un peu d’huile qui tombera du ciel à cause du stress », lance Richard en riant. Jacqueline, elle, garde ce calme presque déconcertant qui intrigue autant qu’il impressionne. Dans la famille, certains la surnomment affectueusement « Maminator ». « Ça fait 70 ans qu’elle a 20 ans », glissent les proches présents.
Atterrissage réussi et sourires
Quelques minutes plus tard, une fois les cinq aventuriers atterris, les quelques visages fermés au départ à cause du stress ont laissé place aux sourires et à la satisfaction. « C’est quelque chose de complètement fou. C’est un gros shoot d’adrénaline », partage Thibaut. Même joie pour la grand-mère.
Une expérience à renouveler pour fêter ses 100 ans ? « On verra, je me sentais déjà un peu raide à l’arrivée », conclut Jacqueline, avec une honnêteté qui la caractérise bien.



