Prune Pégot et Morgane Peyronnet : fin de carrière au MHR féminin
Prune Pégot et Morgane Peyronnet quittent le MHR féminin

Arrivées en 2016 et 2017, Morgane Peyronnet et Prune Pégot ont choisi de rester à Montpellier malgré les départs, les défaites et les saisons sans titres. Elles ont joué leur dernier match à Sabathé, un terrain qu'elles ont défendu avec acharnement.

Un dernier match sous le signe de l'émotion

Le MHR s'est incliné 14 à 52 face au Stade Toulousain samedi dernier. Pourtant, longtemps après la rencontre, tout Sabathé a honoré les carrières de Prune Pégot et Morgane Peyronnet. Le rouge et le bleu se sont mêlés, si bien qu'on ne distinguait plus Montpellier de Toulouse.

« Je ne m'attendais pas à la haie d'honneur des Toulousaines, raconte Prune. Je regardais Morgane : c'est pour nous ça ? Et ça ne s'arrêtait plus, elles nous ont fait passer au moins six fois ! » Ultime cadeau de ce sport à ces deux monuments du rugby montpelliérain : terminer sur leur pelouse avec leur ancien club. « On ne trouve ça qu'au rugby, s'émerveille Morgane. Les jeunes toulousaines qui ne nous ont pas connues là-bas étaient contentes pour nous alors qu'on s'est envoyées terrible pendant 80 minutes. C'était juste joyeux. »

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Une obstination exemplaire

L'histoire de Prune Pégot à la mêlée et Morgane Peyronnet à l'ouverture n'est pas tant celle de deux joueuses à plus de 100 capes chacune avec le MHR et trente ans de rugby dans les jambes. Elle tient surtout dans cette obstination à rester à bord d'une embarcation qui prenait l'eau.

« On est arrivées dans les grandes heures d'un Montpellier en haut de l'affiche, se remémore Peyronnet. Puis il y a eu les moments plus compliqués. Des filles ont quitté le navire. Prune et moi ne nous sommes jamais posé la question. On a choisi de nous battre. Montpellier nous avait tout donné, c'était notre tour. »

« Je me souviens de discussions avec des filles qui hésitaient, ce qui est normal, reconnaît Prune Pégot. Je répondais que je voulais replacer le navire, cette famille là où je les avais trouvés. Dès ma deuxième année ici, on est deux fois championnes. Je pensais être au maximum de ce que je pouvais ressentir avec ce club. Mais c'est quand on a commencé à perdre que j'ai compris : c'est pour ça en fait qu'il faut se battre. J'ai voulu transmettre aux jeunes qu'on est vraiment là que quand ça devient difficile. »

Même discours chez Morgane : « Quand on gagne tout va bien, mais la force se voit dans la défaite. Quand tu perds, tu touches au vrai caractère de chaque femme qui constitue le groupe. J'espère qu'on retiendra de nous qu'on a défendu ce club le mieux qu'on a pu. »

Un héritage et une nouvelle mission

Elles intégreront le staff l'an prochain pour amplifier et conserver. « Les moyens doivent arriver en nous laissant garder les valeurs qui nous caractérisent », prévient Prune. « Notre rugby a de belles heures devant lui mais reste en retard sur d'autres sports féminins, complète Morgane. Il faut être vu car tout le monde peut se retrouver dans le rugby féminin. On parle d'argent, mais il suffit d'aider : logement, études, médias. Le charme du rugby féminin est celui du rugby d'antan. Le but est d'aller vers le plus de développement possible tout en restant ce qu'on est. »

Les embrassades de samedi ratifient cette perspective. « Sur le moment, je n'ai pas réfléchi à une certaine réussite. C'est deux jours après que j'ai compris qu'on a vraiment dû apporter quelque chose », avance la numéro neuf. Une réflexion tout aussi nécessaire à l'envie de bien faire pour sa collègue en dix : « Outre nos amies de Montpellier, toutes sont venues nous dire qu'on les avait marquées, nous parlant de respect pour nous. Sans recul, on ne réalise pas l'impact qu'on peut avoir sur les autres. »

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