À 58 ans, Bertrand Godin réalise son rêve en F1 à Monaco
Bertrand Godin réalise son rêve en F1 à Monaco

Publicité « Un privilège délicieux » : à 58 ans, ce pilote québécois a vécu son baptême du feu en F1 au Grand Prix de Monaco Historique

Ce week-end, le Canadien Bertrand Godin a réalisé un rêve de gamin : cravacher une Formule 1 en Principauté sur les traces de son idole, Gilles Villeneuve. Rencontre dans le paddock…

On l’avait croisé plusieurs fois du côté du Castellet. C’était au siècle dernier. Il y a plus de trente ans : 1993, 1994. Loin de son Québec natal, Bertrand Godin ferraillait alors parmi les jeunes loups du championnat de France de Formule Ford. Devant, en enchaînant les podiums. Ce week-end, on l’a retrouvé dans le paddock du Grand Prix de Monaco Historique. Cheveux poivre et sel mais même bonne humeur contagieuse et même faconde intarissable… Il faut dire que le jovial cousin de la Belle Province avait de quoi sourire à l’occasion de ce come-back en Principauté. Lui, l’ancien pilote de F3000, s’est enfin glissé dans le cockpit d’une F1, à 58 ans. Une Arrows A1B millésime 1978 inscrite dans la série F « Gilles Villeneuve ». Remonter le temps sur les traces de son illustre aîné parti trop tôt, Gilles, le héros du GP de Monaco 1981, il en rêvait. Et il l’a fait. De belle manière puisque cette parenthèse enchantée s’est conclue au quatrième rang du classement, ce dimanche.

Bertrand, comment la passion du sport auto est-elle entrée dans votre vie ?

Tout naturellement en suivant mon père. Il était camionneur. Il n’a jamais couru lui-même mais il aimait beaucoup la voiture et il avait un copain pilote. Donc on allait le voir, on assistait à ses courses sur terre battue. Voilà comment l’étincelle s’est produite. Moi, vous savez, j’ai gagné le Grand Prix de Monaco à 8 ans, gamin, dans le jardin, avec ma petite brouette… Je me battais contre Michel Vaillant !

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Et votre idole s’appelait Gilles Villeneuve…

Ah oui, vraiment ! Le jour où il décroche sa première victoire en F1, chez lui, à Montréal (le Grand Prix du Canada 1978 remporté au volant d’une Ferrari 312 T3, ndlr), je m’en rappelle comme si c’était hier. Devant la télé, à la maison, on sautait de joie comme des kangourous. Magique ! Moi, je me disais que je ne vivrai jamais de telles sensations. Et pourtant, dix-neuf ans plus tard, je gagne ma première course en Formule Atlantique sur le circuit Gilles Villeneuve, devant 70 000 personnes après avoir signé la pole position. Ainsi, en 1997, j’ai également pu boucler mon tour d’honneur en agitant un drapeau à damier, comme Gilles en 78. Quel beau moment !

L’année suivante, vous courez en F3000, dans l’antichambre de la Formule 1, en lever de rideau des Grands Prix. Il a manqué quoi pour gravir la dernière marche ?

Initialement, je devais rempiler en Formule Atlantique. Mais mon partenaire principal, Player’s, a stoppé son soutien. Le programme F3000 s’est monté in extremis, sans les moyens nécessaires. Résultat : on collectionne les problèmes. Rien ne marche. 1998, c’est une saison galère que je termine avec des dettes énormes. À tel point que je dois mettre ma carrière sur pause.

Comment cette première participation au Grand Prix de Monaco Historique a-t-elle pris forme ?

Le feu vert s’est allumé grâce à Martine Girard, la présidente du groupe de communication A l’Infini qui m’a permis de reprendre le volant en 2018, après un break de vingt ans. Je gagne le Grand Prix de Trois-Rivières en Formule Ford 1600. Et un jour elle me demande quel rêve j’aimerais réaliser. Je lui réponds que rien ne me plairait plus que de piloter à Monaco une F1 de l’époque de Gilles Villeneuve.

Et alors ?

Elle s’est mise en quête de me trouver un volant sans me le dire. Et puis elle m’a annoncé l’été dernier que je vivrais mon rêve lors du Grand Prix de Monaco Historique 2026 au volant de cette auto. L’Arrows A1B avec laquelle Riccardo Patrese s’est classé quatrième du GP du Canada 1978 à 24 secondes de Gilles Villeneuve. Je n’en croyais pas mes oreilles. Drôle d’émotion…

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Quel souvenir garderez-vous de ce baptême du feu tardif en F1 ?

J’ai vécu une expérience fantastique. Cravacher une telle pièce de musée sur ce tracé mythique, c’est un privilège délicieux. Je n’oublierai pas de sitôt la symphonie du moteur V8 Cosworth. Là-dedans, vous avez l’impression d’être un chef d’orchestre. Le levier de vitesses remplace la baguette. En plus, il y a une dimension humaine. J’ai revu plein de gens côtoyés lorsque je courais en Europe, pilotes, ingénieurs… Et puis Joanne Villeneuve (l’épouse du regretté Gilles) m’accompagne dans cette aventure. Une amie de longue date. Quand j’étais venu au Castellet, les poches vides, pour le Volant Elf (en 1991), elle m’avait permis de squatter chez elle, ici, à Monaco.

Le mot de la fin ?

Je suis arrivé vendredi avec seulement cinq heures de temps de piste dans la voiture. J’ai donné le meilleur de moi-même, voilà ! Mais est-ce qu’on a vu le meilleur de moi-même ? Je ne crois pas…

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