Dans « Trois Soirs par semaine », la journaliste Pauline Verduzier, spécialiste des questions de sexualité, décrypte les mythes et les injonctions qui pèsent sur la vie sexuelle des Français.
À la naissance de sa fille, Pauline Verduzier, journaliste spécialisée dans les questions de sexualité, n’a plus éprouvé le désir de faire l’amour. Trois mois, six mois, neuf mois et bientôt dix-huit mois ont passé, avant que l’envie ne revienne par surprise. Une période d’abstinence sexuelle qui a plongé la trentenaire dans un gouffre d’anxiété et de culpabilité. Puisque, dans notre société, l’idée selon laquelle le sexe est le ciment du couple est largement répandue, qu’allait-il advenir du sien ?
Une enquête sur la fréquence des rapports
Alors que les jeunes parents accueillaient avec émotion un nouvel être qui bousculait leur existence et leur quotidien, Pauline Verduzier s’interrogeait : sans libido, un couple peut-il aller bien ? Partant de son expérience personnelle, la journaliste a enquêté sur la réalité de la fréquence des rapports sexuels au sein des couples français. Elle a interrogé des sexologues, des sociologues et des couples pour comprendre pourquoi la fréquence est devenue un indicateur de réussite conjugale.
Dans son ouvrage « Trois Soirs par semaine », elle remet en cause cette norme et montre que la pression sociale pousse les couples à se conformer à des standards irréalistes. Elle explique que la baisse de désir après une naissance ou avec le temps est naturelle et ne signifie pas l’échec du couple.
Les mythes de la sexualité conjugale
Verduzier déconstruit plusieurs mythes :
- Le sexe serait indispensable au bonheur du couple.
- La fréquence des rapports serait un signe de bonne santé relationnelle.
- L’absence de libido serait anormale ou pathologique.
Elle souligne que ces croyances sont renforcées par les médias, la publicité et les discours dominants, créant une injonction à la performance sexuelle.
Vers une sexualité épanouie et libérée
L’autrice propose de repenser la sexualité comme un espace de liberté et de communication, plutôt que comme une obligation. Elle encourage les couples à définir leur propre rythme, sans se comparer aux autres. « On se trompe en faisant de la fréquence des rapports sexuels le baromètre de la félicité conjugale », affirme-t-elle.
Cet entretien a été réalisé par Anna Topaloff et publié le 26 avril 2026. L’article original est réservé aux abonnés.



