Première séparation parent-enfant : entre culpabilité et nécessité
Première séparation parent-enfant : culpabilité et nécessité

En 2023, Nawel, 31 ans, a vécu la naissance de sa première fille, Éva. Après cinq mois de congé maternité et quelques semaines supplémentaires, est venu le temps de la séparation. Elle se souvient : « La première fois que je l'ai laissée à l'assistante maternelle, elle était calme au départ, puis elle a commencé à pleurer car elle ne me voyait plus revenir. » Malgré une adaptation progressive d'une semaine, la culpabilité était immense : « Pourquoi je fais ça ? Est-ce que ma fille pleure ? Est-ce qu'on s'occupe bien d'elle ? »

Le dilemme des parents

Garder son enfant ou le confier à un tiers pour reprendre le travail ? Nombreux sont les parents confrontés à ce choix. Selon une étude de la Drees, en 2021, seuls 56 % des parents gardaient leurs enfants de moins de 3 ans, contre 70 % en 2002. Pourtant, la sociologue Marie Cartier (2017) souligne que les parents considèrent encore la garde parentale comme la plus bénéfique, en raison de « l'injonction croissante d'être de bons parents ».

Les bénéfices pour l'enfant

La crèche ou l'assistante maternelle offre un cadre positif. Marie-Claude Bossière, docteure en pédopsychiatrie, explique : « Les petits nouent de nouvelles relations sociales, gèrent la rivalité et la différence. C'est une opportunité saine. » Cependant, la séparation précoce reste douloureuse. Le congé maternité de deux mois et demi est jugé trop court : « Les premiers mois sont psychiquement compliqués ; quand la relation se crée, vient le moment de confier l'enfant. »

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Préparer l'enfant au changement

Pour faciliter la transition, la pédopsychiatre recommande des « petites étapes » : confier l'enfant aux grands-parents, expliquer chaque étape, et surtout « assurer à l'enfant que ses parents reviendront ».

Témoignages de parents

Victoria, 30 ans, infirmière, a repris le travail avec hâte après la naissance de son aîné. « J'avais hâte de reprendre, mais je ressentais un manque : j'entendais mon fils pleurer même à la maison. » Aujourd'hui mère de deux garçons, elle a choisi de rester plus longtemps avec le second. Nawel, quant à elle, a dû reprendre le travail et réalise : « Je louperai ses toutes premières fois : première dent, premiers pas. » Elle s'efforce de rendre le temps passé avec sa fille le soir qualitatif : balade, jeux, histoires. Alexia, 37 ans, professeure, apprécie la crèche : « Sans les photos et vidéos, je serais moins sereine. Ça me rend fière de le voir grandir sans moi. »

La séparation reste un défi, mais elle peut être bénéfique pour l'enfant comme pour le parent, à condition de bien la préparer.

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