Body positive : les jeunes femmes n'aiment toujours pas leur corps
Body positive : les jeunes femmes n'aiment toujours pas leur corps

Selon une étude Ifop pour Darwin Nutrition réalisée en mai 2026, le mouvement body positive, qui a connu son apogée entre 2019 et 2021, n'a que peu modifié le rapport des Français à leur corps. L'enquête, menée en ligne du 17 au 21 mai 2026 auprès de 3 004 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, montre des contradictions marquées chez les jeunes femmes.

Une adhésion paradoxale au body positive

L'étude révèle que 72 % des femmes de 18 à 24 ans déclarent adhérer au mouvement body positive, contre 52 % pour la population générale. Pourtant, 57 % des jeunes femmes de cette tranche d'âge se disent « plus sensibles » à leur ligne à l'approche de l'été, un chiffre qui reflète une persistance des préoccupations esthétiques.

Selon Félicie Kaufman, autrice de l'article, « les jeunes femmes célèbrent la diversité des corps tout en peinant à accepter le leur ». Cette contradiction est au cœur du phénomène : si le body positive prône l'acceptation de soi, les normes sociales et les injonctions esthétiques restent prégnantes.

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Un impact limité sur l'estime de soi

L'Ifop souligne que le mouvement body positive a eu un impact limité sur l'estime de soi des jeunes femmes. Malgré une adhésion théorique, les complexes persistent, notamment liés au poids et à la silhouette. Les réseaux sociaux, bien que vecteurs du body positive, diffusent aussi des images idéalisées qui entretiennent l'insatisfaction corporelle.

L'étude note que 64 % des femmes de 18-24 ans déclarent avoir déjà suivi un régime, contre 48 % de l'ensemble des femmes. Cette donnée illustre la difficulté à concilier les idéaux du body positive avec les pratiques quotidiennes.

Des générations précédentes également concernées

Les femmes plus âgées ne sont pas en reste : 53 % des 25-34 ans et 48 % des 35-49 ans se disent préoccupées par leur ligne avant l'été. Cependant, l'adhésion au body positive diminue avec l'âge : 62 % chez les 25-34 ans, 55 % chez les 35-49 ans, et 45 % chez les 50 ans et plus.

Selon l'Ifop, cette tendance s'explique par une plus grande exposition des jeunes générations aux discours sur l'acceptation corporelle, mais aussi par une pression sociale accrue via les réseaux sociaux.

Vers une évolution des mentalités ?

L'étude Ifop suggère que le body positive a ouvert un espace de discussion sur la diversité des corps, mais sans transformer en profondeur les attitudes individuelles. Les jeunes femmes restent tiraillées entre l'idéal d'acceptation et les normes esthétiques dominantes.

Pour Félicie Kaufman, « le chemin est encore long pour que l'acceptation de soi devienne une réalité partagée, au-delà des discours bienveillants ». L'enquête souligne la nécessité de poursuivre les efforts de sensibilisation pour réduire l'écart entre les valeurs prônées et les comportements réels.

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