Alors que le gouvernement a présenté un projet de loi le 29 avril visant à étendre le travail le 1er-Mai, jour férié et chômé par excellence, les syndicats appellent à manifester pour défendre cette journée symbolique. L'historienne Danielle Tartakowsky, spécialiste des mouvements sociaux, décrypte les enjeux de cette offensive.
Une attaque contre le 1er-Mai et les syndicats
Pour Danielle Tartakowsky, cette mesure ne se limite pas à une simple modification du calendrier. « Ce n’est pas seulement le 1er-Mai qui est attaqué, ce sont aussi les syndicats », affirme-t-elle. Selon elle, cette initiative s’inscrit dans une série de législations visant à remettre en question la durée du travail et les acquis sociaux.
Un symbole fort
Le 1er-Mai est historiquement le jour de la fête des travailleurs, célébrant les luttes pour la journée de huit heures. « C’est un jour de rassemblement et de revendications », rappelle l'historienne. En autorisant le travail ce jour-là, le gouvernement banalise cette date et affaiblit la capacité des syndicats à mobiliser.
Une brèche dans le droit du travail
Les syndicats craignent que cette mesure n’ouvre la voie à d’autres attaques. « On touche à un symbole, mais aussi à un équilibre fragile », explique Tartakowsky. La généralisation du travail le 1er-Mai pourrait entraîner une remise en cause d’autres jours fériés et, plus largement, du temps de travail.
Un contexte législatif hostile
L’historienne replace cette décision dans un contexte plus large de réformes du travail. « Depuis plusieurs années, on assiste à une multiplication des lois qui flexibilisent le travail et réduisent les droits des salariés », observe-t-elle. Le 1er-Mai n’est que la partie émergée de l’iceberg.
La réponse des syndicats
Face à cette offensive, les syndicats appellent à une forte mobilisation le 1er-Mai. « Il est essentiel de montrer que les travailleurs ne céderont pas », conclut Tartakowsky. La rue sera le théâtre d’une opposition déterminée.



