Un partenariat innovant pour l'insertion des jeunes par la mobilité
Un accord significatif a été scellé entre la Direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) du Sud-Ouest et l'Association landaise pour le perfectionnement des conducteurs débutants (ALPCD). Cette collaboration, officialisée le 6 février 2026 à Mont-de-Marsan, vise à offrir des cours de code et de conduite à vingt-quatre jeunes âgés de seize à vingt-et-un ans, accueillis au sein de l'Unité éducative d'activité de jour (UEAJ) de la PJJ.
Un sésame vers l'autonomie et l'emploi
Le permis de conduire représente bien plus qu'un simple document administratif. Il constitue un véritable passeport vers l'autonomie, la mobilité et l'insertion professionnelle. Pour des jeunes confrontés à des parcours de vie complexes et souvent marqués par la justice, cet apprentissage revêt une importance capitale. Il symbolise une opportunité de prendre un nouveau départ, en développant des compétences essentielles à la vie en société.
Le partenariat, intitulé "insertion des jeunes par la mobilité et la citoyenneté routière", prévoit un dispositif complet. L'ALPCD mettra à disposition une monitrice de conduite et un véhicule directement au sein de l'UEAJ. L'accompagnement sera individualisé, couvrant les aspects pédagogiques et administratifs, et sera complété par des actions de prévention routière ainsi qu'un suivi régulier et une évaluation continue des progrès de chaque jeune.
Au-delà de la conduite : responsabilisation et confiance en soi
Les responsables des deux institutions insistent sur la portée globale de ce projet. Emmanuelle Risbourg, directrice territoriale de la PJJ, a déclaré, visiblement émue : "On est au cœur de l'insertion. L'UAEJ accompagne des jeunes qui cumulent parfois des difficultés complexes. Ce projet va dans l'intérêt des mineurs qui nous sont confiés."
Corinne Pouit, directrice interrégionale de la PJJ Sud-Ouest, a détaillé les bénéfices attendus : "Il amène les jeunes vers l'autonomie, la responsabilisation, la capacité à se dépasser. C'est un outil extraordinaire qui induit la citoyenneté, le respect de l'autre et de l'espace public. La mobilité permet ensuite d'accéder à l'emploi, à la formation." Le financement provient de crédits dédiés à la justice de proximité et aux ressources associatives.
L'engagement d'une auto-école sociale expérimentée
L'ALPCD, association basée à Mont-de-Marsan et comptant six salariés dont quatre moniteurs, apporte son expertise en matière d'enseignement adapté. Déjà partenaire de la CAF, de France Travail, de l'association Dys 40 et du GEM TSA, elle voit dans ce nouvel accord avec la PJJ une continuité logique de son action sociale.
Didier Simon, président de l'ALPCD, a souligné l'impact transformateur du permis : "Nous avons accompagné un jeune qui a eu son permis il y a six mois : il s'est complètement métamorphosé, il est beaucoup plus ouvert. Ces jeunes méritent de réussir ce qui est souvent leur premier examen." Depuis sa création en 2000, l'auto-école a permis à 1 700 personnes d'obtenir leur permis de conduire.
Un espace pour reprendre confiance et construire un projet
Au sein de l'UEAJ, créée en 2023, l'accent est mis sur le développement des compétences psychosociales. Charlotte Gauthier, directrice de l'unité, explique : "L'approche est transversale et adaptée. On permet aux jeunes de prendre le temps nécessaire pour travailler un projet. Ici, ils trouvent un peu de répit, la possibilité de faire le point et de repartir en ayant pris confiance."
Un des jeunes bénéficiaires, Éric, a témoigné avec assurance devant les officiels : "Ce projet va permettre à tout le monde de pouvoir se déplacer plus librement. Merci de l'avoir mis en place, c'est une chance inouïe." Cette initiative concrète illustre comment un apprentissage technique peut devenir un puissant levier d'insertion sociale et professionnelle pour des jeunes en quête d'un avenir meilleur.



