Landes : un permis gratuit pour les personnes autistes grâce à une association et au Département
Permis gratuit pour autistes dans les Landes grâce à une association

Un programme unique pour l'autonomie des personnes autistes dans les Landes

Dans le vaste département des Landes, où la voiture représente souvent l'unique moyen d'accéder à une véritable autonomie, une initiative remarquable voit le jour. L'Association Landaise pour le Perfectionnement des Conducteurs Débutants (ALPCD), en partenariat avec l'association J'aime TSA, offre la possibilité à des personnes atteintes de troubles du spectre autistique (TSA) de passer leur permis de conduire gratuitement. Ce projet ambitieux, baptisé « Un permis pour tous », bénéficie d'une aide substantielle du Conseil départemental des Landes, soulignant un engagement fort pour l'inclusion.

Une nécessité vitale en territoire rural

L'absence de permis de conduire dans les zones reculées des Landes isole considérablement les habitants, les privant d'accès aux services essentiels, à l'emploi et à la vie sociale. Pour les personnes autistes, cette situation aggrave des difficultés déjà présentes, telles que l'exclusion sociale, le harcèlement, ou les obstacles à l'emploi et au logement, particulièrement mises en lumière durant le Mois de l'autisme en avril. Le programme, doté d'un budget de 12 000 euros pour l'année 2025 et dont le financement pour l'année en cours est à l'étude, vise précisément à briser ces barrières. « On espère pouvoir renouveler cette opération d'année en année », confie Sandrine Egger, chargée du projet « Chacun sa vie, chacun sa réussite » au Conseil départemental, qui œuvre pour une meilleure autonomie des personnes autistes.

Des résultats concrets et des témoignages émouvants

Déjà, quatre jeunes Landais ont bénéficié de ce dispositif. Deux ont obtenu leur permis avec succès, tandis que les deux autres sont actuellement en cours de formation. Quatre autres candidats espèrent intégrer le programme en 2026, sous réserve de son renouvellement par le Département. Pierre Destarac, président de J'aime TSA et lui-même atteint de TSA, témoigne de l'impact transformateur de ce permis obtenu il y a six ans : « Le permis, on en a besoin tout le temps. Pour aller chez le médecin, aller voir ses copains. Chez les personnes autistes, ne pas avoir le permis est un handicap supplémentaire. Maintenant je suis autonome dans mes déplacements. »

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Une pédagogie adaptée et humaine

Les troubles du spectre autistique, qui affectent la communication, la compréhension et l'attention à des degrés variables, nécessitent une approche spécifique pour l'apprentissage de la conduite. Contrairement aux idées reçues, obtenir le permis n'est pas plus compliqué pour une personne autiste, à condition de bénéficier d'un cadre sécurisant. Jean-Luc Mesplède, administrateur bénévole de l'ALPCD, explique : « Ce qu'il leur faut, c'est surtout un cadre dans lequel ils se sentent en sécurité, en confiance. Il faut être patient, et parfois répéter plusieurs fois pour ne pas les brusquer. » Une validation médicale d'aptitude à la conduite reste toutefois obligatoire.

Le parcours d'apprentissage de Samuel, 17 ans

Samuel Bitaud, jeune autiste Asperger de 17 ans en classe de terminale et bénéficiaire du programme, incarne cette démarche. Lors de sa treizième heure de conduite supervisée par la monitrice Anne Galliot, il avoue un stress initial dû à la présence de journalistes, mais progresse normalement. « Il fait de bons progrès, le processus d'habituation suit son cours normalement », indique la monitrice. Samuel, qui habite à Saint-Cricq-Villeneuve et souhaite étudier à Mont-de-Marsan l'an prochain, souligne les avantages du permis : « Si j'ai le permis, cela me fera gagner du temps. À vélo, il me faut environ une heure. C'est beaucoup plus confortable. » Il reconnaît aussi que sans ce financement, il n'aurait pas eu les moyens de passer son permis.

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Une perspective d'avenir : le campus autisme de Mont-de-Marsan

Cette initiative s'inscrit dans une dynamique plus large d'inclusion dans les Landes. Une structure innovante nommée « campus autisme » doit voir le jour fin 2028 à Mont-de-Marsan. Cet établissement médico-social accueillera des jeunes atteints de TSA âgés de 15 à 25 ans pour une prise en charge de trois ans. « 10 places seront attribuées à des jeunes présentant un autisme sévère, et 5 pour des personnes qui bénéficient déjà d'une certaine autonomie », précise Sandrine Egger. Un projet qui, couplé au programme de permis gratuit, dessine un avenir plus inclusif pour les personnes autistes dans la région.