Nîmes : 35 ans de solidarité pour le comité de quartier né des inondations de 1988
En 1988, des inondations ravageaient l'avenue Georges-Pompidou à Nîmes, avec des eaux montant jusqu'au premier étage dans certaines rues. De ce drame est né un élan de solidarité exceptionnel parmi les habitants, qui a conduit à la création du comité de quartier Plateforme-Cadereau. Ce samedi 11 avril, à 11 heures, l'association fête ses 35 ans d'existence à la Maison de santé protestante, avenue Franklin-Roosevelt, avec une exposition photographique, une présentation et une collation conviviale.
De la catastrophe à la cohésion sociale
L'idée fondatrice était simple mais puissante : prolonger l'esprit d'entraide et de convivialité qui s'était spontanément développé pendant et après les inondations. "C'est la volonté des habitants de maintenir cet élan de solidarité né dans l'adversité", explique-t-on au sein du comité. L'événement de ce samedi sera l'occasion de retracer cette histoire et de découvrir les évolutions du quartier, aujourd'hui officiellement baptisé Montaury.
L'origine du nom et l'histoire du quartier
Le nom Plateforme fait référence à un projet d'aménagement des Jardins de la Fontaine au XIXe siècle, conçu par Jacques-Philippe Mareschal. "Mais cette plateforme ne fut jamais terminée", précise Michel Aubert, l'actuel président du comité. "Elle devait s'étendre sur la largeur actuelle de l'avenue Franklin-Roosevelt jusqu'au carrefour route de Sauve-route d'Alès, avec un groupe architectural important et un obélisque." La partie construite fut détruite en 1866, mais le nom est resté.
Le comité a connu cinq présidents successifs :
- Le docteur Jean Milhau
- Max Bergeron
- Digma Alba-Rodier
- François Grillat
- Michel Aubert, l'actuel président
Tous ont accompagné les transformations profondes du quartier, où les petites maisons avec jardinets ont progressivement disparu au profit d'immeubles modernes. En 2016 notamment, trois résidences ont été construites sur l'avenue : Kubismo, la Villa Pompidou et Carina, "changeant radicalement son visage" selon les habitants.
Les institutions emblématiques de Montaury
La Maison de santé protestante, où se déroule la célébration des 35 ans, a elle-même une riche histoire. Fondée en 1842 comme "un établissement de soins réservé aux malades n'ayant pas les moyens de se soigner", elle a successivement été un pôle médico-chirurgical et obstétrique, une école d'infirmières, avant de devenir aujourd'hui un Ehpad et une résidence immobilière.
Le lycée Albert-Camus, quant à lui, a été construit en 1960 comme lycée de jeunes filles de Montaury. Il a changé de nom en 2005 et bénéficié d'une extension importante six ans plus tard, témoignant de la vitalité éducative du quartier.
Un combat pour la valorisation du patrimoine
Parmi les actions marquantes du comité, la défense et la mise en valeur du rempart romain figurent en bonne place. Ce vestige antique exceptionnel, long de 150 mètres et dévalant la colline Montaury, a fait l'objet de six campagnes de fouilles archéologiques grâce à la ténacité des membres du comité. Depuis 2009, l'association se bat pour son aménagement et sa valorisation touristique.
"Avec l'élection d'une nouvelle équipe municipale, nous espérons enfin voir ce projet se concrétiser", confie Michel Aubert. Cette bataille pour le patrimoine illustre parfaitement l'engagement durable du comité, bien au-delà de la simple réponse aux inondations de 1988.
Ce samedi 11 avril, les habitants de Montaury et tous les Nîmois intéressés pourront donc découvrir ou redécouvrir cette histoire riche, témoignant de la capacité d'un quartier à transformer une catastrophe en force collective durable.



